Quinze ans après les attentats qui ont fait 77 morts à Oslo et sur l’île d’Utoya, la Norvège a rendu hommage aux victimes. Mais les commémorations ont aussi été marquées par une inquiétude croissante : l’influence persistante de l’idéologie d’extrême droite d’Anders Behring Breivik, notamment auprès des plus jeunes.

Publié le : 25/07/2026 - 12:00

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De notre correspondante régionale,

Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik faisait exploser une bombe dans le quartier gouvernemental d’Oslo, avant d’ouvrir le feu sur les participants à un camp d’été de la jeunesse travailliste, sur l’île d’Utoya. Au total, 77 personnes avaient été tuées dans les attentats les plus meurtriers commis en Norvège depuis la Seconde Guerre mondiale.

Quinze ans plus tard, le pays a de nouveau rendu hommage aux victimes lors de cérémonies organisées à Oslo et sur l’île d’Utoya. Le Premier ministre Jonas Gahr Store a rappelé à cette occasion que la société norvégienne n’était pas immunisée contre le terrorisme et que l’extrémisme de droite constituait toujours une menace majeure pour la sécurité du pays.

Breivik, une source d’inspiration pour des extrémistes

Le PST, le service de renseignement intérieur norvégien, estime que la menace liée à l’extrémisme de droite est aujourd’hui plus importante qu’en 2011.

Dans un rapport publié à l’occasion du quinzième anniversaire des attentats, le service affirme constater une augmentation du nombre de personnes qui se réclament de Breivik ou glorifient son passage à l’acte. Dans la majorité des dossiers concernant l’extrême droite suivis par le PST, le terroriste apparaît comme une source d’inspiration.

Depuis 2019, plusieurs auteurs d’attentats ou de projets d’attentats en Occident ont également explicitement cité Breivik comme un modèle.

Cette influence touche désormais une génération qui n’a pourtant aucun souvenir des attaques de 2011. Les enquêteurs norvégiens observent des processus de radicalisation chez des adolescents âgés de 12 à 17 ans, dont beaucoup n’étaient pas encore nés au moment des attentats.

Les réseaux sociaux, « autoroute de la radicalisation »

Les autorités s’inquiètent notamment du rôle joué par les réseaux sociaux, et en particulier par TikTok, dans la diffusion de contenus extrémistes.

Les discours haineux, les références néonazies ou les appels à la violence y circulent sous la forme de mèmes, de vidéos de jeux vidéo, d’humour noir ou de détournements de la culture populaire. Anders Breivik y est parfois présenté comme un « héros » ou un « saint ».

Pour certains adolescents, il n’est ainsi plus d’abord l’auteur d’un massacre, mais une figure découverte au gré des recommandations des algorithmes.

Face à ce phénomène, le PST renforce son travail de prévention auprès des écoles et des collectivités locales. Le gouvernement norvégien veut également durcir l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.

Oslo a présenté un projet de loi visant à relever l’âge minimum d’accès et à imposer aux plateformes une vérification obligatoire de l’âge de leurs utilisateurs. La mesure ne vise pas uniquement à lutter contre l’extrémisme, mais les autorités espèrent qu’elle permettra aussi de réduire l’exposition des plus jeunes aux contenus susceptibles de favoriser leur radicalisation.