15 000 personnes, dont 3500 en tenue d'époque, ont remonté le temps jusqu'en 1900 ce 15 août à Marche (Vidéo et photos)
Qu'elle était belle, et pas que de nom, la Belle Époque marchoise ! On a encore pu s'en rendre compte ce 15 août. Lors d'un événement éclos en son temps sous l'appellation de "Marché aux oiseaux", suite à un défi lancé en 1967 par la RTB radio, dans le cadre du grand jeu "Vil' Vacances". Les candidats disposaient de cinq jours pour mettre sur pied un tel marché, style 1900, avec au moins 100 marchands. Le Comité des Fêtes de Marche, épaulé par de nombreuses sociétés locales, avait gagné le défi haut la main. L'événement avait pris son envol, et entre-temps, il a été rebaptisé Marché 1900.
Bien plus récemment, l'organisateur historique a cédé le flambeau à la bien nommée ASBL XV. D'entrée en 2022, celle-ci a parfaitement repris sous son aile une institution que tout Marchois qui se respecte ne louperait pour rien au monde. La 58e édition était son cinquième service. Ses huit membres et leur impressionnante colonie de bénévoles ont encore relevé le défi avec brio.
Une centaine d'exposants notamment, dont les associations locales, au nombre de 35 – sans lesquelles le Marché 1900 ne serait pas non plus ce qu'il est, avec chacune à la carte une activité de jadis (lancer de ballot, mailloche…) en complément de quoi se rafraîchir ou se sustenter – ont envahi les moindres recoins du centre-ville.
Ferme d'antan, lavandières…
De nombreux passionnés ont, eux, ressuscité les métiers d'une époque où tout était réalisé à la main. À l'image bien sûr des Dentellières de Marche qui, à l'aide d'aiguilles ou de fuseaux, ont noué et croisé les fins fils de soie ou de lin pour donner vie à divers chefs-d'œuvre. Ou de lavandières qui, dans l'emblématique lavoir des Carmes, ont reblanchi les chemises et chemisiers tachetés de Matoufé de la Confrérie du même nom ou de péket, ou suintant les gouttes de chaleur ou de pas endiablés sur le French Cancan de l'École de danse Carine Granson sur le parvis de l'église…
Au sein de l'espace des Carmes aussi, une ferme d'antan s'est installée à la ville, avec moutons, poules, chevaux, lapins, etc. Les artistes y ont eux enchaîné les prestations dans un amphithéâtre transformé tantôt en cirque tantôt en cabaret. Ruby Colibri a envoûté le public des plus beaux airs des Années Folles, avec en apothéose un grandiose "Je vois la vie en rose" d'Edith Piaf. Par trois fois aussi, les arts des rues de jadis ont revu le jour, avec un notamment un numéro de rola-bola offert par un équilibriste se dandinant et jonglant sur un amoncellement de planches "fixées" sur une table haute à l'aide de verres et boîtes de conserve.
D'autres ont aussi rappelé, en déambulant dans la foule, que 1900 se conservait toujours aussi bien à Marche. Comme ce cycliste perché au-dessus de sa tête, sur son grand bi, ce vélo avec une immense roue avant et une minuscule roue arrière, répétant, tel un crieur public à rendre jaloux le Grand Georges, que son cycle est celui de l'avenir.
Tous piaffent déjà d'impatience du 59e numéro du cycle de retours vers le passé !
Les pneus du Guide Rasquin et le "tarmactoufé"
Gugusse a retrouvé ses bons vieux amis, ou ennemis, dans les 3 représentations des Mautchis Mi Tchis Qu'Ti, ce théâtre de marionnettes de figures locales, incontournable parmi les incontournables du Marché 1900.
Avec, cette année en vedette, Alain Rasquin, propriétaire de l'enseigne portant son nom située à la Chaussée de l'Ourthe. Mais malheur pour le Grand Maître de la Confrérie du Matoufé, la clientèle a déserté depuis la réfection de sa rue, les nids-de-poule et autres vices ayant disparu. Toutefois inventif, pour regonfler son chiffre, le commerçant gourmand a pondu le Guide Rasquin, le Guide Michelin marchois. Mais au lieu d'étoiles, ce sont des pneus qu'il décerne. La palme revient à la Friterie Babe, qui reçoit 5 pneus !
Son Matoufé n'est lui plus du goût de tous. La faute à sa surproduction et une épidémie de la tartine aux œufs et lardons. On le retrouve dans les tuyaux de Quentin Mouligneeau, de l'ASBL XV et chauffagiste, et qu'il bouche, dans les bulles des jacuzzis du Quartier Latin de Caroline Houyoux, qui explosent au nez des clients… À moins que du "tarmactoufé" ne rebouche les trous des routes ! Bref, une délicieuse omelette de "biestreyes" qui a encore régalé !
Oiseaux en tous genres
Canaris, perruches, oiseaux indigènes et exotiques…: les oiseaux gazouillaient encore sur le Marché 1900, grâce, une nouvelle fois, au Club des Amis des Oiseaux d'Aye, partenaire de l'ASBL XV pour la gestion des oiseaux.
Eau gratuite et pluie d'antan
Les quelques gouttes de pluie, presque d'antan aussi, tombées deux heures durant sur le temps de midi n'ont absolument pas refroidi la foule. Elles ont même été appréciées, au même titre que l'eau servie gratuitement sur des stands ou à des fontaines spécifiques.
"On a accueilli environ 15 000 personnes, dont plus de 10 000 visiteurs payants, c'est dans la lignée des éditions précédentes, sourit Cédric Schultz, trésorier de l'ASBL XV. L'entrée était gratuite pour les moins de 12 ans. Mais aussi pour les gens en tenue d'époque, on en a recensé environ 3500, c'est un peu plus qu'en 2025."
Robe, chapeaux, éventails, gants, bijoux… Il était encore temps de se vêtir de l'attirail de jadis sur le Marché 1900, grâce à La Demeure de Noémie pour ne pas la citer.
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