Ces trois artistes venus du grand nord de la Suède (du moins le racontent-ils) présentent cette année au festival off d'Avignon leur troisième spectacle, "Domaj". Tout en parodies et en humour absurde, ils et elles ont choisi de s'intéresser à l'apocalypse, et à comment chacun et chacune y réagit.

Par Julien Baldacchino Publié le mercredi 22 juillet 2026 à 07:30

Croyez-les : ces trois-là sont frère et sœurs, il et elles ont grandi dans le grand nord de la Suède, et leur maîtrise du répertoire de la variété française est due à de lointaines ondes de Radio Nostalgie captées sur leurs transistors. Et même si tout cela n'est pas forcément vrai (prouvez-le donc !), le trio Blond and Blond and Blond fait exister sur scène, depuis maintenant bientôt quinze ans, un univers atypique où les standards de la variété française prennent un tour étonnant.

Après les spectacles "Homaj" et "Mariaj", le trio lance, à l'occasion du festival d'Avignon, son troisième spectacle, "Domaj". To, Mar et Glar, qui s'expriment tantôt dans leur patois d'origine, tantôt – y compris en interview – dans un français teinté d'un léger accent, y abordent la question de la fin du monde. Au début du spectacle, une IA leur annonce que l'apocalypse viendra au moment de la fin du show.

"Il vaut mieux en rire, sinon on meurt, on meurt tout court ! On voit tout s'effondrer, et si on ne garde pas un 36e degré sur tout, on arrête, on va se coucher et on attend que ça se finisse pour de vrai", analyse Glar. Mais là où elle fait jouer son côté survivaliste, son frère Tø fait preuve d'une forte anxiété, et Mar semble quant à elle se vouer aux dieux. "On voulait faire passer trois façons de réagir très différentes, parce qu'on pense que tout le monde réagit différemment face à la catastrophe", ajoute Glar.

"Il y a toujours une chanson française pour exprimer des émotions"

Leurs sentiments, ils les expriment en musique au son de chansons de variété française, qu’ils parodient tout en leur rendant hommage : c'est ainsi que "Je lui visserai les meubles" se chante sur l'air des "Mots Bleus" de Christophe, et "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni prend un sens… inattendu.

"La patrimoine française (sic) regorge de trésors mirifiques, des années 50 à ici et maintenant. Notre construction humaine, identitaire, s'est faite avec les chansons françaises : on grandit avec elles, on vieillit avec elles", explique Mar. "Et quoi qu'on veuille raconter, il y a toujours une chanson française pour exprimer ces émotions, mieux que quoi que ce soit d'autre." Un spectacle qui mêle à merveille la parodie et l’humour absurde et qui donne à entendre des tubes que l’on connait bien comme jamais auparavant… jusqu'à ce que la fin du monde s'en mêle.