À Charleville-Mézières, le graveur Jean-Claude Renaud illustre le hautbois avec talent
Quand l’art de graver rencontre la musique. À Charleville-Mézières, le graveur Jean-Claude Renaud a créé une œuvre autour du hautbois pour le congrès national de l’Association française du hautbois.
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Il a gravé son nom parmi les artisans d’art du département, et même bien au-delà. Normal : Jean-Claude Renaud est graveur et illustrateur depuis 43 ans. Dans son atelier situé rue Bourbon, à Charleville-Mézières, le temps semble suspendu. L’homme y travaille les plaques de cuivre avec une finesse déconcertante et une patience qui n’a d’égal que sa méticulosité.
« Une gravure, c’est un peu comme un papillon. Il y a plusieurs phases, semblables à celles du cocon, de la chrysalide et du papillon, sourit l’artiste. Il y a d’abord le dessin ; il faut ensuite le reporter sur la plaque de cuivre, que l’on trempera dans un bain d’acide. Après, on nettoie la plaque, qu’on encre avant de la mettre dans la presse. »

Un lent processus que l’homme aux 289 gravures répète inlassablement depuis des décennies. Quand il est à l’œuvre, le temps cesse de filer. « J’ai la vie devant moi pour faire une plaque ! »
Gravure projetée pendant les concerts
Armé d’une pointe sèche, il reproduit délicatement sur le cuivre le dessin qu’il a réalisé sur papier. Dernièrement, il a finalisé une œuvre pour le Congrès national de l’Association française du hautbois, prévu ce week-end à Charleville-Mézières. Un dessin particulièrement complexe, quand on sait que l’instrument possède de nombreuses clés qui se superposent parfois. La gravure sera reproduite sur papier et sur des cartes postales offertes aux 200 musiciens présents. Elle sera également projetée lors de deux temps forts de l’événement.

Si Jean-Claude grave cet instrument, c’est grâce à une rencontre improbable. « En passant devant la boutique avec ma fille, on a entendu du hautbois. Ce sont quelques notes de musique qui ont fait le lien », raconte Élise Potron, professeure de hautbois au conservatoire et organisatrice du congrès. Car Jean-Claude travaille en musique et classique de préférence. Élise a donc poussé la porte, parlé de son projet, et une alchimie s’est créée entre eux.
« Quand j’ai vu cet instrument aussi compliqué, je me suis dit que cela pourrait être intéressant de le graver, retrace Jean-Claude. D’ailleurs, une photo ne me suffisait pas : j’avais besoin de voir l’objet. » Un instrument qu’il sera possible d’entendre en direct dans son petit atelier ce vendredi avec un concert intimiste. De la gravure au hautbois, il n’y a finalement qu’un pas.
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