À Fréjus, une rentrée municipale sous haute tension : majorité et opposition se répondent coup pour coup
Après les chaleurs étouffantes de l’été, on aurait pu espérer une rentrée municipale placée sous le signe de la douceur. D’autant plus que la session, hier soir, a démarré par une minute de silence, observée par toute la salle, en hommage à Louis Bonnet, disparu cet été (1).
Or, c’est plutôt une autre forme de chaleur qui s’est installée au sein de la salle Riculphe. Pour son premier conseil depuis la pause estivale, l’assemblée a rapidement renoué avec les joutes oratoires : majorité et opposition se sont répondues, parfois vivement, au gré des délibérations.
Comme un clin d’œil au thermomètre qui a marqué ces dernières semaines, la canicule s’est d’ailleurs invitée dès les premiers échanges. Christine Romano, élue d’opposition, a demandé la parole dès la première délibération pour dresser son bilan de l’été, rendre hommage aux sapeurs-pompiers mobilisés et pointer, de son côté, plusieurs manquements qu’elle attribue à la municipalité.
"Ça chauffe aussi pour nos porte-monnaie avec l’augmentation de la taxe foncière"
« Le changement climatique est installé, nous devons y faire face à Fréjus comme ailleurs, lance-t-elle en préambule. [...] Je demande à la municipalité d’être vigilante sur les moyens accordés, et d’intervenir éventuellement pour répondre aux revendications des pompiers. »
« Je pense aussi aux efforts d’isolation des logements et des bâtiments publics contre la canicule, à végétaliser le plus possible, à réduire nos émissions de CO2, développant davantage nos transports en commun [...] »
« Ça chauffe aussi pour nos porte-monnaie avec l’augmentation de la taxe foncière. Celle-ci est très lourde. J’ai par exemple compté pour ma part une hausse de 25 %. [...] »
N. P.
« Je condamne aussi l’augmentation des prix des parcmètres sur Fréjus-Plage. Contrairement à ce que vous affirmiez, il s’agit bien d’une augmentation puisque le paiement est étendu à l’année entière, même si mensuellement les prix ont baissé. Une pétition de protestation est en train de circuler. »
« Et je continue de m’opposer aussi au projet d’école-usine de La Baume, dont le coût est évalué à 32 millions d’euros. Somptuaire par rapport à notre dette [...] »
« Au sujet de la végétalisation, nous avons fait des efforts considérables »
« Je ne partage que la première partie de cette intervention, en ce qui concerne notre soutien à tous aux sapeurs-pompiers, lui a répondu le maire David Rachline. Vous savez que cela ne relève pas directement de notre compétence. Au sujet de la végétalisation, nous avons fait des efforts considérables (écoles, Promenade des bains, entre autres) », laissant ensuite le soin au premier adjoint aux finances, Gilles Longo, de réfuter chacun des points soulevés par Mme Romano.
"C’est compliqué pour tout le monde en ce moment"
« La Ville de Fréjus a déjà entamé, depuis un long moment, les investissements dont vous parlez, a-t-il assuré. On n’a pas attendu la canicule de cet été pour faire ce qu’il fallait, notamment dans les écoles maternelles, dans les dortoirs des enfants et dans les bâtiments communaux. »
« Les 200 millions d’euros d’investissements qu’on a faits depuis 2014 ont servi à isoler, à faire moins consommer, on a changé les vieilles chaudières, les LEDs de l’éclairage public, imperméabilisation des écoles, etc. [...] »
« D’un côté, vous nous dites de faire plus. Cela a un coût. Et en même temps ne pas toucher aux taux d’imposition – ce qu’on a fait pendant quatorze ans... Et au sujet du groupe scolaire de La Baume, c’est bien ce que vous nous demandez, car ces vieilles écoles, notamment celle de Paul-Roux qui ressemble plutôt à une école digne de l’ex-URSS, sera remplacée par La Baume qui, elle, sera dans un cadre vert, et à basse consommation... »
« Un effort est demandé aux Fréjusiens. Je sais que c’est compliqué pour tout le monde en ce moment. À commencer par le carburant, en ce qui me concerne c’est 40 euros de plus par semaine depuis mars... Mais nous c’est ciblé, contrairement à ce que fait le gouvernement. L’argent, on est capables de dire où il va. »
Gilles Longo se fait plus précis : « Cette augmentation, je le rappelle, va autofinancer, pour les années 2026, 2027 et début 2028 le groupe scolaire de La Baume, l’agrandissement de l’école Aubanel, les nouveaux services techniques, les nouvelles maisons de la Tour-de-Mare et de Fréjus-Plage... Ce qui permettra de ne pas augmenter la dette. »
« L’objectif n’était pas de faire un débat de politique générale en entrée de ce conseil, a souri le maire. Mais j’espère qu’on a répondu à votre intervention, Mme Romano. »
Le conseil était lancé sur de bonnes bases...
1. Figure profondément attachée à Fréjus, commerçant emblématique du centre-ville, ancien adjoint, « et passionné par l’histoire de notre cité, il aura consacré une part importante de sa vie à Fréjus et aux Fréjusiens », a résumé le maire David Rachline.