Dans ce quartier résidentiel de Marchin, on se connaît tous. On sait aussi que certains enfants peuvent, en s'adonnant à des parties de football, faire un peu de bruit. On peut dès lors comprendre que certains voisins, irrités par le vacarme, déposent plainte à plusieurs reprises, sans pour cela que la situation ne s'améliore.

Que du contraire. Lors d'une partie de foot, le 30 mars dernier, les enfants font du bruit. "Ils tapaient même sur les grillages, explique le prévenu. Je leur ai fait une remarque, ils ont mimé de dégager leur ballon sur mon auto. Je le leur ai pris et je l'ai dégagé. Ils sont alors allés chercher leur papa."

Le papa, dont on dit qu'il est excellent boxeur, se retrouve aussi sur le banc des prévenus. Car il en est venu aux mains avec le voisin. Qui a frappé le premier, qui a eu le dessus ? Tout ce qu'on sait, c'est que le premier prévenu estime avoir été agressé. Le papa, lui, a été mordu au-dessus de l'arcade sourcilière. Les protagonistes se sont alors retrouvés aux urgences du CHR de Huy, et non aux soins intensifs comme le prétendait le voisin.

Il arrose les enfants depuis son appartement

Mais ce dernier doit aussi se défendre au sujet d'une autre prévention. Deux jours avant la bagarre, il aurait jeté de l'eau savonneuse sur la tête des enfants depuis l'étage de son appartement. Cela lui vaut une prévention de coups et blessures à des enfants, lesquels s'étaient plaints de rougeurs et de brûlures au visage et à la bouche.

Pour l'avocat qui représente les parents et les enfants, ces arrosages ont entraîné beaucoup d'angoisse. "Parce qu'on ne savait pas ce qui avait été lancé sur les enfants, explique l'avocat, et que cela a nécessité un passage par les urgences, ce qui a de toute manière généré une forte inquiétude."

Quant à la bagarre, la défense de la famille rappelle que le parquet, en chambre du conseil, avait requis un non-lieu pour le papa. "Et ce dernier a subi une incapacité à la suite de l'altercation, après avoir subi des blessures à la face, à la joue, à l'œil gauche et au genou. Le prévenu a même essayé de lui enfoncer les doigts dans les yeux."

Et la défense évoque ensuite la présence d'un témoin. Selon ce dernier, ce n'est pas le papa qui a donné le premier coup, mais bien le voisin, qui a mordu et qui a continué à provoquer. L'ennui, c'est que ce témoin n'est pas totalement impartial, puisqu'un conflit l'a un jour opposé au prévenu…

Cela précisé, on ne conteste pas la bagarre et on reconnaît les coups et blessures. "Quant à l'eau savonneuse, un doute subsiste, plaide la défense. D'ailleurs, qui a vu celui qui l'a lancée ? Enfin, on reconnaît que cela faisait plusieurs mois qu'il y avait un problème entre le résident et les enfants du quartier."

Ils ne sont plus voisins depuis...

On l'a compris : dans ce quartier, on ne s'entend pas toujours entre voisins. C'est à tel point que l'habitant a choisi de quitter son appartement. "Aujourd'hui, je vis dans ma caravane et c'est fort bien ainsi, annonce-t-il. Et je ne veux plus d'appartement."

Cela précisé, que risque le désormais le propriétaire d'une caravane ? Une peine de travail de 120 heures, alors que la défense a plaidé l'acquittement pour le jet d'eau sur les enfants et une peine de travail pour les coups au papa.

Jugement le 15 octobre.

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