Située au pied de l’abbaye Saint-Victor à Marseille, la parcelle de vignes du square Bertie-Albrecht pourrait connaître une nouvelle vie grâce à l’émulsion d’un collectif d’habitants du quartier.

À l’approche des premières vendanges dans la région Paca, la mairie des 1er et 7e arrondissements de Marseille étudie la transformation d’une parcelle de vignes en jardin partagé dans le quartier Saint-Victor (7e).

Avant toute implantation d’un jardin partagé, des analyses de sols devront être réalisées. Elles permettront de déterminer le niveau de pollution de la parcelle et les usages envisageables.

« En ville, et particulièrement dans l’hypercentre, les sols sont très souvent pollués », indique Aurélien Lecour, élu de secteur délégué à l’écologie urbaine, à l’animal en ville, aux parcs et jardins et au commerce engagé. Les analyses visent à chercher notamment la présence éventuelle de métaux lourds.

En fonction des résultats, certaines cultures destinées à la consommation pourraient être exclues au profit de plantations ornementales. « Une autre solution envisagée consiste à installer des bacs hors-sol remplis de terre agricole, une pratique courante dans les jardins urbains », ajoute-t-il.

Les analyses de sols et le lancement de l’appel à manifestation d’intérêt sont prévus à l’automne 2026 pour une livraison estimée courant 2027.

Saint-Victor, À Saint-Victor, un jardin partagé pourrait voir le jour sur une ancienne parcelle viticole, Made in Marseille

Une démarche d’héritage

Au square Bertie-Albrecht, également appelé « square Saint-Victor », une parcelle de vignes occupe environ 250 m² sur les 630 m² de superficie totale de l’espace vert. Sous les recommandations du Syndicat des vignerons indépendants, la Ville de Marseille avait choisi d’y planter, en 2011, 150 pieds de grenache noir, un cépage adapté aux climats chauds et secs de la Méditerranée.

Sa plantation a également été structurée avec l’Office de tourisme dans le but de rendre hommage au passé viticole du quartier. Des moines de l’abbaye Saint-Victor y cultivaient des anciennes vignes.

Pour autant, la parcelle n’a jamais eu vocation à devenir un vignoble de production. Les premières années, l’entretien était assuré par le service municipal des espaces verts, avant d’être repris en partie par les élèves de l’école élémentaire Candolle (7e).

« Depuis, certains pieds de vigne ont péri mais la plupart sont en excellente santé. Ces derniers sont en fruit en ce moment même. Les raisins font essentiellement le bonheur des oiseaux. Le projet de jardin partagé ne prévoit donc pas de supprimer l’ensemble des vignes, mais seulement la moitié. La décision concernant leur devenir n’a pas encore été prise, cela dépendra de la nature et du niveau de pollution », explique Aurélien Lecour.

Une mobilisation citoyenne du quartier Saint-Victor

Le projet d’un jardin partagé est initié par une vingtaine d’habitants du secteur. Accompagné pendant un an par la Ligue de l’enseignement des Bouches-du-Rhône, le collectif avait progressivement structuré son projet avant d’envisager la création d’une association.

« Nous avons régulièrement des demandes de jardins partagés, mais la mobilisation retombe parfois. Là, le fait que le collectif soit accompagné depuis un an par une structure est plutôt rassurant », reconnaît la mairie des 1er et 7e arrondissements de Marseille.

Un appel à manifestation d’intérêt à l’automne

Pour qu’un jardin partagé puisse voir le jour sur une parcelle appartenant à la Ville, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) doit être lancé.

L’association issue du collectif pourra y répondre, mais elle ne sera probablement pas la seule. La Ville retiendra le projet qui répondra le mieux au cahier des charges en cours d’élaboration.

Parmi les critères évoqués figurent la rapidité de mise en œuvre, la capacité à mobiliser les habitants, le nombre de participants, mais aussi la dimension environnementale et pédagogique du projet.