À Schaerbeek, l'opposition dénonce la "catastrophe" du projet Meiser: "Une agression supplémentaire pour les habitants et les usagers de l'E40"
À Meiser, l'été n'appaise pas les esprits. Au contraire. Pour rappel, le gouvernement bruxellois a donné son feu vert pour poursuivre le projet entamé sous la précédente législature.
Il est prévu de supprimer le rond-point Meiser au profit d'un double carrefour. Le permis a déjà été délivré et le gouvernemenent va consulter les entreprises, avec l'espoir de lancer les travaux l'été prochain.


Ce projet symbolique est défendu mordicus par la ministre Elke Van den Brandt (Groen) : "L'aménagement de la place Meiser tel que prévu dès 2027 mettra enfin fin à 60 ans de place Misère", a-t-elle récemment déclaré à La DH.
Mais chez les municipalistes schaerbeekois, la pilule passe toujours mal. Tant le bourgmestre MR que l'échevine PS de la Mobilité (deux partis siégeant dans le gouvernement régional) fustigent le projet et plaident pour un tunnel tram. Impayable, rétorque-t-on chez les Verts néerlandophones. "Selon les dernières estimations, on est proche des 200 millions d'euros pour faire un tunnel sous la place Meiser", nous indiquait récemment le cabinet de la ministre Groen.
Le PS et le MR ont accepté, dénonce Verzin
Dans l'opposition, Georges Verzin (1030 Ensemble, ex-MR) dénonce un projet jugé néfaste et un double jeu des partis de la majorité schaerbeekoise. "Avec Audrey Henry, c'est la double trahison. Elle a, une première fois, trahi les Schaerbeekois en abandonnant le mayorat. Là, elle retrahit en acceptant la proposition d'Elke Van den Brandt. Pareil pour le PS qui a accepté le projet à la Région."
Le conseiller d'opposition évoque une réunion avec David Leisterh lorsqu'il était formateur, avec la présence d'Audrey Henry. "Ils nous donnaient raison. J'avais également eu des assurances de Rudi Vervoort", assure-t-il.
Pour Georges Verzin, ce projet constitue "une agression supplémentaire pour les Schaerbeekois et les usagers de l'E40". "La solution est pire que le mal qu'il prétend traiter."
200 millions pour un tunnel ? "C'est de la fantaisie !"
Quatre problèmes sont identifiés par l'élu d'opposition. Primo, le maintien en cul de sac de l'avenue Cambier "qui crée un engorgement avenue Rogier".
Secundo, les feux avenue Rogier qui "créeront des embouteillages". Tertio, les virages trop serrés des bus venant de l'avenue Plasky. "Cela va bloquer la sortie de la chaussée de Louvain." Enfin quarto, la suppression de la desserte latérale permettant, depuis Plasky, d'accéder directement au boulevard et à l'E40 sans passer par le rond-point. "Tout le monde devra passer par le feu rouge ; ce qui va encombrer la situation." À quoi s'ajoute "la suppression de 25 places de parking pour la création d'un parc." "Ce sera la catastrophe", soutient le libéral.
À ses yeux, seuls des tunnels solutionneraient de manière pérenne les problèmes de mobilité de la place Meiser. Le conseiller remet d'ailleurs en doute le chiffre de 200 millions avancé par Elke Van den Brandt pour un tunnel tram. "C'est de la fantaisie !"
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.