France: Accusé de viols, il enregistrait ses victimes au dictaphone
Publié26. septembre 2026, 08:10
FranceAccusé de viols, il enregistrait ses victimes au dictaphone
Un homme enregistrait ou filmait ses ébats sexuels dans le but de conserver des preuves du consentement de ses partenaires. Il encourt jusqu'à 30 ans de réclusion.

Accusé de viols par des femmes qu’il rencontrait via des applications et enregistrait à leur insu dans le but de «prouver leur consentement», un homme de 34 ans comparaît à partir de lundi devant la Cour d’assises de la Gironde. Le 26 octobre 2021, une plainte est déposée contre celui qui se trouve alors en libération conditionnelle: depuis une année, il est sorti de prison après avoir été condamné dans une précédente affaire de viols en Haute-Garonne.
La veille, ce natif de Toulouse a donné rendez-vous à une jeune femme, avec laquelle il échangeait depuis trois semaines, sur un parking de supermarché dans la région bordelaise. De là, ils se rendent dans une impasse où le séducteur change subitement de comportement.
«Fantasme du viol»
Devant les gendarmes, la victime relate qu’il lui impose violemment une fellation, puis une pénétration vaginale face contre terre, en lui montrant des photos de fillettes puis la vidéo d’un homme qui semble violer un cadavre féminin, tout en lui serrant fortement le cou et en menaçant de la tuer si elle n’obéit pas à ses ordres. Après d’autres actes forcés, durant lesquels l’homme lui parle du «fantasme du viol», la jeune femme est ramenée à son véhicule et peut partir. Elle dépose plainte le lendemain.
La vidéosurveillance du parking permet d’interpeller le mis en cause le lendemain. Il assure d’emblée que cette relation était «consentie», précisant avoir enregistré leurs échanges au dictaphone à titre de «preuve». «Vu mon passé judiciaire, je voulais être certain qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans mon attitude», déclare-t-il en garde à vue. L’exploitation du téléphone fait apparaître une centaine de fichiers audio à caractère sexuel depuis septembre 2020, un mois après sa remise en liberté.
Crachats et insultes
Le suspect assure que tous ces rapports enregistrés ont eux aussi été consentis, même si les enquêteurs entendent plusieurs femmes manifester leur opposition en écoutant les fichiers. Une information judiciaire est ouverte, le trentenaire mis en examen et placé en détention provisoire. L’identification de 13 autres femmes permet leur audition et neuf dénoncent des violences.
Devant les gendarmes, elles évoquent un «regard de psychopathe», une relation «crue, sauvage» avec crachats au visage et sodomies forcées, insultes et étranglements, visionnages de photos de fillettes, incitations à boire et vomissements. Une, filmée, pense avoir été droguée.
Au terme de la procédure, le mis en cause est renvoyé devant la Cour d’assises pour sept viols et trois agressions sexuelles. En état de récidive légale, il encourt 30 ans de réclusion. Quatre des dix victimes se sont constituées parties civiles.
«Absence d’empathie pour les victimes»
Le procès, prévu initialement en novembre 2025, avait été renvoyé après que l’accusé, dont le nom avait fuité dans la presse, eut été agressé par des détenus. Ce célibataire sans enfant, né sous X et adopté à l’âge de trois mois, étudiait en BTS de commerce international depuis sa sortie de prison.
Durant l’instruction, il a refusé les expertises pshychologique et psychiatrique. Celles réalisées lors de la procédure toulousaine avaient conclu à l’absence de pathologie mentale, relevant des «traits narcissiques», avec une «absence d’empathie pour les victimes» et des «affects agressifs». L’accusé a changé plusieurs fois d’avocat et, selon le dernier en date, n’en avait plus à quelques jours de l’audience.
Victime ou témoin d’une agression sexuelle?
- Police: 117
- Violencequefaire (anonyme et gratuit, réponse dans les 3 jours)
- Aide aux victimes LAVI ou 142 (numéro gratuit et confidentiel)
- Sophia, assistant numérique basé sur l’IA destiné aux victimes de violences domestiques. Disponible en 96 langues et dans 195 pays.
Et pour les jeunes:
- Ciao.ch (11-20 ans, réponse dans les 2 jours)
- On t'écoute (18-25 ans, réponse dans les deux jours)
- Pro Juventute: 147 (24/7)
- Patouch: 0800 800 140
- Aide aux victimes : 142 (numéro gratuit et confidentiel)

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