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Un employé d'OpenAI a même écrit que l'IA pourrait terminer la saga Game of Thrones si son auteur venait à mourir

Publié le 09/09/26 à 07h45

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OpenAI a torrenté des milliers de livres depuis un site pirate notoire pour entraîner ChatGPT, puis a maquillé l'origine des fichiers et supprimé les données compromettantes. C'est ce qu'affirment des auteurs américains, dont George R.R. Martin, dans une requête déposée cette semaine devant un tribunal fédéral de New York.

© Shutterstock - ChatGPT, le chatbot d'OpenAI, est au cœur d'une procédure judiciaire pour piratage massif de livres protégés par le droit d'auteur.

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Un groupe d'écrivains, parmi lesquels George R.R. Martin (A Song of Ice and Fire), vient de déposer une requête en jugement sommaire devant le tribunal fédéral de New York. Le document, adressé au juge Sidney Stein, réclame la reconnaissance de la responsabilité d'OpenAI sur 194 titres copiés sans autorisation. Le filing est lourdement caviardé, mais les éléments lisibles dessinent un tableau accablant.

OpenAI n'a même pas acheté les livres qu'il a utilisés. Il a commencé par torrenter [nombre caviardé] livres depuis la bibliothèque pirate notoire Library Genesis, alias LibGen. Microsoft a encouragé, facilité et tiré profit de cette contrefaçon de masse, tout en ayant la capacité de la contrôler. Il n'est pas exagéré de dire qu'OpenAI a bâti les fondations de son entreprise sur du piratage de masse.

OpenAI a renommé ses datasets LibGen pour en masquer l'origine

Selon la requête, OpenAI a téléchargé par torrent un nombre indéterminé (caviardé) de livres depuis Library Genesis, un site classé parmi les marchés pirates notoires par le représentant commercial américain. Dans le papier de recherche présentant GPT-3, les compilations internes "Libgen1" et "Libgen2" ont été rebaptisées "Books1" et "Books2", un habillage cosmétique pour gommer la provenance illicite. À l'été 2022, OpenAI a supprimé ces fichiers pour raisons juridiques. Ce sont les deux seuls corpus d'entraînement que l'entreprise ait jamais effacés.

Extrait de la requête déposée par les auteurs le 4 septembre 2026 devant le tribunal fédéral de New York.

Extrait de la requête déposée par les auteurs le 4 septembre 2026 devant le tribunal fédéral de New York.

© SDNY

Le motion cite aussi les tweets de Tarun Gogineni, recruté en 2022 chez OpenAI pour piloter la qualité rédactionnelle des modèles GPT. En 2025, il écrivait sur X que sa "mission de recherche" visait à faire écrire par GPT les deux derniers tomes de la saga de Martin.

Même s'il meurt prématurément, GPT-5 complétera sa série automatiquement.

Le piratage, talon d'Achille de la défense fair use d'OpenAI

OpenAI a déposé sa propre requête le même jour, plaidant le fair use. Le 1er septembre 2026, le Department of Justice a d'ailleurs pris position en sa faveur dans un Statement of Interest, invoquant la sécurité nationale face à la Chine.

Sauf que le DOJ distingue explicitement l'entraînement de l'acquisition des données. Et c'est précisément sur ce terrain que les auteurs attaquent. Ils s'appuient sur le précédent Bartz v. Anthropic (juin 2025), où le juge William Alsup a reconnu le fair use pour des livres acquis légalement, tout en qualifiant le téléchargement depuis des bibliothèques pirates d'"intrinsèquement et irrémédiablement contrefaisant". Anthropic a fini par régler pour 1,5 milliard de dollars, le plus gros settlement copyright de l'histoire américaine.

Si cette doctrine s'applique à New York, la défense d'OpenAI s'effondre sur tout le socle LibGen, quel que soit le caractère transformatif de l'entraînement.

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