Admise aux urgences pour une hémorragie, elle attend six jours sur un brancard avant de partir contre l'avis des médecins : une ex-élue dénonce une situation "inadmissible"
l'essentiel Restée six jours et cinq nuits sur un brancard aux urgences du CHU d'Orléans après une hémorragie, une ancienne élue de 85 ans dénonce une situation qu'elle qualifie d'"enfer". Son témoignage met en lumière l'engorgement des services d'urgence durant l'été, tandis que l'hôpital reconnaît des tensions et promet des moyens supplémentaires.
Elle raconte le calvaire qu'elle a vécu et pointe du doigt l'engorgement catastrophique des services d'urgence à cette période estivale. Nino-Anne Dupieux, 85 ans, ancienne élue municipale à Orléans (Loiret), a été prise en charge au CHU d'Orléans en juillet. Ce jeudi 6 août, elle raconte auprès de nos confrères d'ICI Orléans avoir vécu un "enfer" en restant six jours sur un brancard dans le service des urgences, dénonçant une situation "inadmissible.
Prise en charge après une hémorragie, elle est restée six jours et cinq nuits sur un brancard au service des urgences. L'ancienne adjointe au maire a finalement signé une décharge de sortie contre l'avis médical pour rentrer chez elle. "Nous vivons dans un système de santé qui ne se rend pas compte à quel point il génère des souffrances au niveau des malades et des personnels", dénonce-t-elle. Dans un communiqué intitulé "Des anges en enfer", elle rend hommage aux soignants contraint de travailler dans des conditions difficiles. "Tous les jours, le personnel espérait me trouver une chambre. Et dans cet énorme hôpital, il n'y avait pas une chambre pour une vieille dame comme moi", se souvient-elle. Elle décrit "des couloirs remplis de brancards, avec sur chacun, des personnes qui avaient besoin des urgences."
Le CHU promet des lits supplémentaires
Contactée par ICI Orléans, la Confédération générale du travail (CGT) du CHU d'Orléans confirme la fidélité de cette description de l'engorgement estival de l'hôpital. Dorine Lemasson, déléguée syndicale, décrit la situation comme "catastrophique dans tous les services".
La direction du CHU d'Orléans a répondu à la polémique par un communiqué officiel. L'établissement reconnaît l'existence de "tensions sur les capacités d'hospitalisation en aval des urgences". Pour faire face à cette crise, l'hôpital a annoncé un programme de réouverture de 42 lits de médecine prévu entre septembre et novembre. Cette mesure représente "une augmentation de 6,1 % de la capacité en lits par rapport à 2025", souligne l'établissement. Parallèlement à ces ouvertures, le CHU prévoit également de recruter du personnel supplémentaire.