Hugo Lloris raconte sa vie en Californie et sa Coupe du monde comme simple supporter : « Je regarde tout de Los Angeles ! Je suis à fond »
À deux heures de décalage horaire du Texas Lloris était sur la route de l'entraînement, chez lui, à Los Angeles, quand il nous a raconté sa ville, où l'ancien capitaine des Bleus (39 ans, 145 sélections) s'est installé en famille en janvier 2024. Le gardien du Los Angeles FC aurait bien aimé prendre un avion pour Dallas, mais la reprise de la saison américaine, vendredi, avec un derby face au L.A. Galaxy, lui impose de rester en Californie.
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« Comment résumer la vie à Los Angeles ?
Je ressens quelque chose de familier, cet environnement, le mélange entre l'océan, les collines et les montagnes, qui me rappellent mon enfance à Nice, même si tout est plus vaste, ici. Il y a aussi ce mélange de cultures, la culture latino, la culture européenne, mais aussi la culture asiatique, avec Little Tokyo et Korean Town, et puis le côté américain et surfeur, avec les plages toutes proches, Manhattan Beach ou Santa Monica, qui est aussi un quartier tech. C'est comme s'il y avait dix villes dans la ville, et cela crée une atmosphère très positive.
Quels sont vos endroits préférés, en famille ?
On est très bien où on est, déjà, à Encino, mais Beverly Hills est très sympa pour aller manger un bout, Manhattan Beach aussi, avec de très bons restaurants et de très belles plages. On aime bien passer du temps à Calabasas Village, Malibu ou Woodland Hills. C'est pratique car proche de chez nous et très sympa, paisible. Il y a des endroits paradisiaques que j'aime beaucoup, même si c'est un peu plus loin, comme Laguna Beach ou Santa Barbara.
« Avec les Américains, on se pose toujours la question de savoir s'ils connaissent le foot ou si c'est juste un geste patriotique pour eux. Mais cela amène un côté déconnecté très sympa »
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Comment se vit la notoriété d'un champion du monde de foot à L.A. ?
C'est beaucoup plus calme. On peut me connaître, surtout la communauté latino, qui aime le foot et supporte les équipes de L.A., mais ici, j'ai une vie normale.
Quand on est footballeur à L.A., est-ce qu'on a l'impression de faire un sport important ?
Un peu moins important que d'autres mais, pour moi, c'est une bonne transition, j'ai le sentiment de décrocher progressivement, même si j'ai le même rapport au jeu et aux supporters. Dans tous les clubs où je suis passé (Nice, Lyon, Tottenham), je me suis identifié et, ici, la communauté des fans est très sympa, le stade est souvent plein, et il y a une énergie et une ambiance assez uniques. C'est ce qui me maintient.
Quelle est la place du foot ?
Le sport est très présent. Les habitants sont très fiers d'être à L.A., et s'identifient à travers les clubs professionnels, les Lakers, les Clippers (basket), les Dodgers (baseball), les Rams, les Chargers (foot US), et les autres. J'ai vu quelques matches de basket et de hockey, mais je n'ai pas encore fait de baseball ni de foot américain. D'ailleurs, j'ai découvert le SoFi Stadium (habituellement dévolu au foot US) pour USA-Turquie (3-2, le 26 juin), pour vivre l'expérience de la Coupe du monde. C'est un stade incroyable, sans doute le plus beau que j'ai jamais vu.
Vous étiez spectateur d'un match de Coupe du monde pour la première fois ?
Oui, et c'était magnifique. J'y suis allé avec Giuliana, l'une de mes filles, et j'ai aimé la beauté du foot, sans animosité, avec un enthousiasme formidable, même de la part des supporters turcs qui étaient déjà éliminés. Avec les Américains, on se pose toujours la question de savoir s'ils connaissent le foot ou si c'est juste un geste patriotique pour eux. Mais cela amène un côté déconnecté très sympa. Je suis allé à Seattle, aussi, pour États-Unis-Belgique (1-4, le 7 juillet, en 8es de finale), et j'ai aimé vivre ce rassemblement festif de l'intérieur. Au SoFi, j'ai bien aimé aussi le mélange entre stars hollywoodiennes et supporters de foot, je n'étais pas très loin, j'ai pu me rendre compte qu'ils vivaient le match à fond.

Avant de signer au Los Angeles FC, le 30 décembre 2024, le recordman des sélections en équipe de France n'avait jamais mis les pieds en Californie. (Xavier De Nauw/L'Équipe)
Ils vous ont reconnu ?
Oui, on s'est salués, avec Brad Pitt, Colin Farrell, et Edward Norton, qui vient souvent voir des matches du LAFC en famille.
Vous avez plus de chance de les voir au match qu'aux soirées hollywoodiennes ?
Je ne fais pas les soirées hollywoodiennes. (Sourires.) Mais dernièrement, dans un cinéma à Westwood, j'ai fait le tapis rouge de la sortie de la série Netflix « The Hawk », de et avec Will Ferrell, un mordu de foot, qui est l'un de nos propriétaires. Il est toujours présent avec nous, même en déplacement, parfois, alors, avec d'autres joueurs, on a décidé d'aller le soutenir à notre tour.
« En tant que joueur, j'étais méfiant, mesuré, je cherchais à ne pas m'enflammer, mais maintenant que je suis supporter, je peux le faire et chambrer les autres »
Comment suivez-vous la Coupe du monde de l'équipe de France ?
La côte est, c'est très loin, quand même. Mais je regarde tout de Los Angeles ! Les matches sont souvent en milieu de journée, pour moi. Si j'ai le temps de rentrer après l'entraînement, je vais m'isoler à la maison où je peux être plus tranquille. Sinon, je les vois au club, avec tout le monde, et c'est sympa aussi. Je suis à fond, et je suis impressionné par le niveau et le style de jeu. C'est formidable de devenir aussi dominant dans le jeu avec et sans ballon, et c'est magnifique à voir.
Qu'est-ce que vous avez constaté, depuis L.A. ?
On a souvent été ces dernières années dans un bloc médian ou bas, qui cherchait la transition et, aujourd'hui, c'est une équipe qui prend son adversaire à la gorge, qui joue quinze mètres plus haut. C'est aussi grâce aux défenseurs centraux, avec (Dayot) Upamecano et (William) Saliba, qui permettent à l'équipe de jouer plus haut, parce qu'ils n'ont pas peur de laisser des espaces dans leur dos, et aussi au travail des joueurs offensifs, qui font le pressing. Voir Ousmane Dembélé, un Ballon d'Or, au service de l'équipe, c'est une superbe image pour le football. Et puis, il y a Kylian, bien sûr, et Michael Olise. Quand j'ai joué contre lui et (Eberechi) Eze, les deux valeurs montantes de Crystal Palace, je ne savais pas qu'il pouvait jouer en équipe de France. C'est le joueur qui fait le lien, il a un rôle essentiel par sa vision du jeu, ses passes cachées, ses dribbles. J'apprécie vraiment le style de jeu de l'équipe de France et tout ça est la réussite du coach.
France-Espagne, vous allez le voir où ?
Je ne cache pas que j'aurais aimé aller à Dallas, mais on est en pleine préparation, la semaine de la reprise. Je pense que je vais le regarder au club, après l'entraînement, à midi. Il y a des Espagnols, dans l'équipe, notamment Sergi Palencia, qui a joué à Saint-Étienne et à Bordeaux, et dans le staff. En tant que joueur, j'étais méfiant, mesuré, je cherchais à ne pas m'enflammer, mais maintenant que je suis supporter, je peux le faire et chambrer les autres. Sans arrogance, bien sûr. (Sourires.) »