Antoine Sibierski aime l'ombre, pas la lumière des interviews. Pourtant, à la conclusion de sa première mission, le nouveau directeur sportif d'Anderlecht avait envie de parler de cet épisode mouvementé qu'a été le mercato estival.

Sur le papier, le travail a été réalisé avec succès même si l'éternel insatisfait en lui avait surtout envie de faire passer un message : le travail ne fait que commencer. "J'ai été surpris par des gens qui m'ont dit : 'félicitations'. Mais félicitations de quoi ? J'ai juste fait mon job. J'ai fait ce mercato avec beaucoup de travail, de conscience professionnelle et d'énergie. J'ai reçu une très grande confiance de la part de Marc (Coucke) et du board. J'ai reçu le soutien de Michael (Verschueren). Avec Kenneth (Bornauw), nous avons travaillé main dans la main au quotidien, épaulés par les départements scouting, financier, transaction, légal et performance. Je les remercie tous car un grain de sable peut faire dérailler un deal et sans eux je n'aurais pas pu travailler de la sorte."

On se doit de quand même vous demander quelle note sur dix vous vous mettez pour votre premier mercato au club ?

Aucune. On va parler du mercato à juste titre mais mon travail ne s'arrête pas là. J'ai maintenant d'autres choses à faire. Il y a les Futures et le département féminin dont je dois davantage m'occuper. Ce que je peux dire sur cet été, c'est que j'ai le sentiment d'avoir respecté qui je suis : investi, dévoué et qui aime travailler dans la discrétion. J'ai aussi le sentiment d'avoir vu juste dans les manques de l'équipe en fin de saison dernière. Le groupe a été construit avec justesse et cohérence. Je crois que nous avons amené de belles personnes avec des caractéristiques différentes et complémentaires par rapport à celles qui sont déjà là. Le temps, les matchs et la saison donneront les indicateurs pour savoir si j'ai fait les bons choix.

Pensiez-vous conclure autant de dossiers ?

Non. Je savais qu'il en fallait en fait un certain nombre. Mais pas onze arrivées. Par expérience, je suis convaincu que pour avoir des résultats, il faut de la stabilité. Aujourd'hui, on n'a pas la stabilité escomptée pour bien performer en Europa League et être premier, deuxième ou troisième au classement. Je l'assume. Il fallait passer par là pour retrouver les fondations de la stabilité. Dans un deuxième temps, cela permettra d'être bien plus performant.

Il y a eu cinq transferts dans les derniers jours. Comment l'expliquez-vous ?

Avec le départ de De Cat, j'ai transféré Ambros pour avoir le même nombre de milieux de terrain. La perception des matchs m'a fait comprendre qu'il nous faudrait un milieu supplémentaire. Puis, il y a eu le cas Saliba. Il était déterminé à partir. Je comptais sur lui. Le coach aussi. Je ne veux pas garder de joueur contre son gré. Il fallait le remplacer. On avait évidemment travaillé avec le département scouting sur toutes les positions au cas où. On a trouvé des solutions. On avait besoin de plus de muscle. D'où la signature d'Amane. Il est sec et saignant dans les duels. Aasgaard est grand et musculeux.

Koutsoupias est également arrivé…

En termes de caractéristiques et de valeur, c'est un joueur que le club se doit d'avoir. C'est un couteau suisse. Il joue sans état d'âme. Il court, il se bat, il est bon techniquement, il défend et se projette dans le rectangle adverse. C'est un joueur fiable.

Pourquoi l'avoir fait signer le jeudi alors que la liste européenne devait être rendue le mercredi et qu'il ne pourra jouer que les compétitions belges ?

Koutsoupias et son club ont fait un effort pour pouvoir signer.

Le mercredi sur le plan économique, ce n'était pas responsable de le faire signer. Après des efforts de la part du club mais surtout du joueur, de l'agent et de Frosinone, c'est devenu réalisable. J'ai pu renégocier et on a senti que le joueur voulait vraiment venir.

Aasgaard est arrivé à temps, lui; était-il une opportunité de marché ou profil identifié ?

Je connaissais déjà le joueur depuis Wigan où j'ai aussi joué. Puis, il a marqué contre la France en Coupe du monde. Tant que les Rangers étaient en coupe d'Europe, il n'y avait aucun intérêt à ce qu'il parte. Quand ils ont été éliminés, le deal est devenu accessible. Il a fallu vite réagir.

Votre cible prioritaire était Santi Garcia de Gil Vicente. Pourquoi avez-vous finalement décidé d'abandonner cette piste ?

guillement

Santi Garcia? Son prix aurait été un mauvais message.

Il était trop coûteux. Je ne voulais pas envoyer le message qu'Anderlecht dépense des sommes importantes (NdlR : autour de dix millions) pour un joueur de 25 ans. Il faut trouver un juste milieu entre dépenser de l'argent et la valorisation du joueur dans le futur.

Êtes-vous déçu de ne pas avoir réussi à conserver Nathan De Cat ?

Non car j'ai le sentiment d'avoir donné mes arguments pour qu'il reste. J'ai fait tout ce que je pouvais pour le conserver. Sur le plan sportif et humain. Je lui ai dit qu'il aurait des équipiers pour jouer son football. Il a choisi de partir, certainement en se basant sur ce qu'il a vécu et sur le fait qu'il n'était pas facile de se projeter.

guillement

Si Mario (Stroeykens) veut revenir, il aura beaucoup de choses à travailler pour avoir un niveau satisfaisant pour nos normes.

Que comptez-vous faire de Mario Stroeykens et Adriano Bertaccini ?

J'ai jugé qu'il me fallait d'autres profils. Surtout pour Mario. Je considère que pour son développement personnel, il est bien qu'il aille voir ailleurs. Après avoir vu ses entraînements et ses matchs, il n'entrait pas dans nos plans. Je ne dicte pas au coach qui il sélectionne. Mais si Mario veut revenir, il aura beaucoup de choses à travailler pour avoir un niveau satisfaisant pour nos normes.

L'objectif est donc de ne plus avoir de mercato à onze arrivées…

Il y a eu 30 mouvements cet été avec onze recrues. Si cela se reproduit chaque année, cela veut dire qu'il y a un problème et je travaille mal.

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