Appel à la "démission", propos "complotistes"... Les réactions politiques aux écrits antisémites attribués à Jordan Bardella
Le président du Rassemblement national a été accusé ce lundi 28 septembre, dans un article de Mediapart, d'avoir écrit des propos antisémites lorsqu'il était jeune adhérent du Front national. S'il conteste "formellement", ces propos ont provoqué l'ire des élus de gauche et jusqu'au camp présidentiel.
"Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur". Ces propos antisémites, révélés ce lundi 28 septembre et attribués par Mediapart à Jordan Bardella lorsqu'il avait 17 ans, ont secoué la classe politique et provoqué de vives réactions à gauche et au centre.
L'un des premiers à avoir dénoncé ces mots est le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui écrivait lundi après-midi mieux comprendre "pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite". Une référence à une autre déclaration du président du RN, qui déclarait sur BFMTV le 5 novembre 2023 que le fondateur historique du Front national et père de Marine Le Pen n'était "pas antisémite".
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Suivi peu de temps après par le député insoumis Antoine Léaument qui a fustigé sur X les propos "antisémites" de Jordan Bardella, les qualifiant d'"extrêmement choquants" et qui révèlent "une pensée complotiste, inspirée des pires auteurs négationnistes et racistes".
Jordan Bardella "doit démissionner de toutes ses fonctions", a réclamé de son côté Marine Tondelier, patronne des Écologistes. "L'homme qui se présente aujourd'hui comme le plus grand défenseur des juifs et juives de France est en réalité un antisémite obsessionnel", écrit-elle.
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Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a tenu à préciser qu'il n'avait pas eu le temps de consulter l'article de Mediapart au moment de répondre aux questions des journalistes, a "formellement" condamné dans la soirée ces déclarations qui "relèvent du complotisme et de l'antisémitisme le plus absurde, si c'est bien (Jordan Bardella, NDLR) qui les a prononcées".

Le gouvernement fustige "le vrai visage de l’extrême droite"
Du côté du gouvernement, Aurore Bergé a rapidement pris la parole, là encore sur son compte X, pour dénoncer des écrits, "s'ils sont avérés, d'une immense gravité".
"Leur nature antisémite et complotiste rappelle, à ceux qui voudraient l'oublier, la nature profonde de l'extrême droite. N'y cédons rien", écrit la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations.
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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a lui aussi condamné les déclarations attribuées à Jordan Bardella. "À tous ceux qui auraient la mémoire courte: l’antisémitisme n’est pas un accident de parcours pour le RN, c’est l’histoire de ce parti. Voilà le vrai visage de l’extrême-droite", note-t-il sur X.
Rachel-Flore Pardo, porte-parole de l'ex-Premier ministre Gabriel Attal et conseillère de Paris, s'est de son côté interrogée sur X: "Qui peut être surpris?".
"Prétendre combattre l’antisémitisme, dans un parti politique à l’histoire antisémite, tout en tenant soi-même des propos antisémites. Si elles sont avérées, les révélations de Mediapart apportent une preuve de plus que Jordan Bardella n’a jamais rompu avec l’héritage du FN: lui qui affirmait que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite et lui rendait hommage en 'tribun du peuple'", dénonce-t-elle.

Accusé d'antisémitisme, Bardella dénonce des "faux" – 28/09
37:49
"Ça me paraît tellement dingue"
À droite de l'échiquier politique, Julien Aubert, vice-président du parti Les Républicains, a déclaré sur BFMTV lundi soir au sujet des écrits attribués au patron du RN que "s'ils étaient vrais, il devrait démissionner".

Ce mardi matin, même son de cloche du côté du maire (LR) de Meaux, Jean-François Copé, qui juge ces propos "d'une gravité extrême", sur RTL.
Sollicité par le média d'investigation, le président du RN a répondu par e-mail et contesté "formellement" avoir "tenu, en public, comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type".
"Le fait que je n'étais pas militant actif au sein du Front national durant l'été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces 'sources'", a-t-il aussi déclaré. Des propos répétés sur les réseaux sociaux peu après la publication de l'article de Mediapart.
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L'enquête de Mediapart s'appuie notamment sur des conversations privées, que le journal d'investigation affirme avoir pu authentifier, et qui auraient été écrites par Jordan Bardella à l'été 2013, alors qu'il avait entre 17 et 18 ans. Le militant, qui avait rejoint le parti d'extrême droite un an et demi plus tôt, aurait ajouté: "Et c'est ce qu'ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale".
L'avocat de Jordan Bardella a de son côté évoqué une "tentative de déstabiliser la campagne" du RN, lundi soir sur BFMTV. Marine Le Pen, elle, a réagi en assurant que "vous ne ferez croire ça à personne, à personne. Personne de normalement constitué ne peut croire à cette dinguerie". En déplacement au salon professionnel de la construction, elle ajoute: "Ça me paraît tellement dingue. Ça ne peut être évidemment qu'un faux, une manip, une barbouzerie dont Mediapart a l'habitude".
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