Après la relaxe, les avocats des ultras de l’OGC Nice saluent une décision qui « respecte les principes »
« Nous sommes satisfaits de la décision, on s’y attendait parce que le dossier tel qu’il est apparu au moment du jugement n’était pas celui qu’il était au moment de la comparution immédiate », précise Me Rudy Cohen.
L’avocat mentionne les auditions de policiers intervenus sur place. Selon lui, « 13 des 15 policiers » entendus avaient indiqué n’avoir constaté « aucune violence nécessitant leur intervention ».
Pour rappel, après une défaite face à l’Orient (3-1) en novembre dernier, 200 supporters avaient stoppé le bus des joueurs devant le centre d’entraînement.
Les deux ultras de la « Populaire Sud » mis en cause était montés à bord de ce même bus.
Deux Aiglons de l’époque, Terem Moffi et Jérémie Boga avaient déposé plainte dès le lendemain, disant avoir été violentés.
« On avait deux policiers, un journaliste et un agent de sécurité qui disaient très clairement que les deux ultras qui étaient montés dans le bus avaient appelé au calme et à la non-violence », rappelle également Me Cohen.
L’avocat estime que ces auditions ont complètement changé la physionomie du dossier, alors que les réquisitions du ministère public avaient été particulièrement lourdes.
Me Cohen estime qu’il a pu y avoir, du côté du parquet, une volonté « de marquer le coup » dans un contexte marqué par plusieurs incidents dans le football français. Mais, selon lui, « ce dossier ne s’y prêtait pas ».
De la prison ferme avait été requise par le ministère public représenté par Damien Martinelli.
« Une sorte d’action d’ensemble »
Pour Me Mathurin Lauze, la relaxe permet surtout de distinguer le comportement individuel de son client de l’image plus générale des supporters ultras. « Je suis extrêmement satisfait par le fait que le tribunal n’a pas cédé à la présentation qui a pu lui être faite, d’une sorte d’action d’ensemble », déclare-t-il.
Selon le pénaliste, son client et son co-prévenu se sont retrouvés au cœur de la procédure notamment parce qu’ils étaient « les seuls qui étaient intervenus en étant identifiables ». Il paraît évident, d’après lui, qu’« on a voulu leur coller des faits qu’ils n’ont absolument pas réalisés ».
Et la défense d’insister sur le comportement des mis en cause au moment des faits. L’un d’eux l’avait d’ailleurs affirmé à l’audience qui s’est déroulée fin juillet : « C’était une discussion, pas un guet-apens ».