Du bleu de la police au bleu ciel du drapeau de Menton, Séverine Lauffenburger semble avoir trouvé une couleur qui lui va bien, jusque dans ses yeux. À 42 ans, la nouvelle directrice de la police municipale de Menton ouvre un nouveau chapitre de sa carrière, après avoir exercé à Strasbourg et Valenciennes. Lundi 14 septembre 2026, dans la cour de la caserne Forty, Séverine Lauffenburger a officiellement pris ses fonctions lors d’une cérémonie en présence de la maire Alexandra Masson et des 48 agents – policiers municipaux et ASVP – qui composent le service. À 42 ans, la nouvelle directrice a reçu le patch de la Ville de Menton, désormais fixé sur son bras droit, symbolisant sa prise de fonction.

Quelques minutes avant la cérémonie, elle revenait sur son parcours, ses premières impressions et les ambitions qu’elle nourrit pour son nouveau poste.

Lors de la cérémonie organisée hier après-midi, la nouvelle directrice a reçu des mains du maire Alexandra Masson le patch aux couleurs de la Ville de Menton.
Lors de la cérémonie organisée hier après-midi, la nouvelle directrice a reçu des mains du maire Alexandra Masson le patch aux couleurs de la Ville de Menton.
Jean François Ottonello / Nice-matin

Avant de poser ses valises sur la Côte d’Azur, Séverine Lauffenburger a effectué toute sa carrière dans le nord et l’est de la France. Après avoir passé le concours de gardien de police municipale en 2008, elle rejoint Strasbourg, au sein d’un service de 147 agents. Police générale, poste de commandement, unité VTT : elle multiplie les expériences, de nuit comme de jour.

« J’ai toujours été motivée par le contact humain et le management des équipes, avec l’objectif d’organiser un service de la meilleure qualité possible, en faisant preuve de bienveillance et en valorisant le travail des agents de mon unité », raconte-t-elle.

Cette volonté de prendre davantage de responsabilités la conduit à passer le concours de chef de service en 2020, puis celui de directeur de police municipale en 2024. Son premier poste de direction l’emmène à Valenciennes, où elle encadre un service d’une cinquantaine d’agents. Avant de rejoindre Menton, le 1er septembre dernier.

Un choix qui n’est pas uniquement professionnel. « J’ai de la famille dans la région et, avec mon conjoint, nous avons toujours beaucoup aimé Menton. Nous trouvons que c’est une ville exceptionnelle, avec un très beau cadre de vie. On s’était dit qu’un jour, on aimerait pouvoir venir y évoluer professionnellement. »

« Je communique énormément »

À l’heure de définir sa méthode de management, Séverine Lauffenburger ne cherche pas longtemps. « Je communique énormément. »

Le principe est simple : multiplier les échanges, expliquer les attentes et faire régulièrement le point avec les équipes. « L’objectif est d’organiser des réunions avec la direction et les chefs d’équipe, d’expliquer clairement ce qu’on attend des agents, de faire régulièrement des points et de fixer des objectifs cohérents, tout en faisant preuve de bienveillance. »

Une approche qu’elle dit avoir déjà mise en pratique à Strasbourg comme à Valenciennes. Mais cette volonté de dialogue dépasse le management interne. À Menton, elle veut également s’appuyer sur la communication pour renforcer les relations avec les autres acteurs de la sécurité.

« Il y a vraiment une très bonne collaboration avec la police nationale. L’objectif, aujourd’hui, est de pérenniser cette bonne coordination. Là encore, la communication sera incontournable. »

Une période d’observation

Lors de la cérémonie organisée hier après-midi, les 48 agents qui composent la police municipale étaient présents : 25 policiers municipaux et 23 ASVP (agents de surveillance de la voie publique).
Lors de la cérémonie organisée hier après-midi, les 48 agents qui composent la police municipale étaient présents : 25 policiers municipaux et 23 ASVP (agents de surveillance de la voie publique).
Jean François Ottonello / Nice-matin

Pour l’instant, toutefois, la directrice ne veut pas aller trop vite. Elle découvre encore son nouveau territoire et entend prendre le temps d’en comprendre les spécificités.

« Je suis encore dans une phase d’observation et de connaissance. Je vais à la rencontre des personnes, des usagers, des commerçants et des riverains, afin de mieux afin de mieux comprendre les réalités locales. »

Une posture qui lui permet aussi de ne pas arrêter trop tôt ses objectifs. « Pour l’instant, je ne vais pas donner davantage d’indications sur le travail qui sera réalisé. » Une priorité est néanmoins certaine : « La sécurité des Mentonnais et des Mentonnaises. Et la lutte contre les incivilités, bien sûr. »

La Fête du citron sera l’un de ses premiers grands rendez-vous à Menton. Un événement qui ne semble pas l’impressionner. « Non, je n’ai pas peur », sourit celle qui a longtemps oeuvré à la sécurité du célèbre marché de Noël de Strasbourg et ses quelques 100 000 visiteurs quotidien. Elle compte notamment sur ses collaborateurs pour lui transmettre leur connaissance des éditions précédentes.

Prévention, puis répression si nécessaire

La nouvelle directrice de la police municipale de Menton a débuté sa carrière en 2008 et l’a exercée entre Strasbourg et Valenciennes.
La nouvelle directrice de la police municipale de Menton a débuté sa carrière en 2008 et l’a exercée entre Strasbourg et Valenciennes.
Jean François Ottonello / Nice-matin

Face aux incivilités, pour Séverine Lauffenburger, la réponse doit d’abord être adaptée à la situation et au public.

« On passe généralement toujours par une phase de prévention lors des différentes opérations, par exemple lorsqu’il s’agit de problématiques liées aux nuisances ou aux comportements qui peuvent gêner la population. » Mais lorsque cela ne suffit plus, « nous passons effectivement à la phase répressive lorsque cela est nécessaire ».

Dans un an, de quoi la la nouvelle responsable de la police municipale aimerait-elle pouvoir être satisfaite ? « D’avoir renforcé les effectifs du service, d’avoir permis de développer différents projets autour de la sécurité et des problématiques actuelles », répond-elle. Et surtout, elle espère pouvoir dresser « un bilan d’évaluation de la sécurité des Mentonnais et des Mentonnaises » positif.