Son maintien sur le sol français n’est peut-être plus qu’une question de jours. Interpellé par la police à Nice le jeudi 9 juillet 2026, H. Lahouaiej Bouhlel, petit frère du terroriste du 14-Juillet, a été placé en rétention administrative. Il risque d’être expulsé vers son pays d’origine, la Tunisie.

Sollicitée par Nice-Matin, la préfecture des Alpes-Maritimes indique avoir délivré à son encontre, ce vendredi, une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette mesure a conduit à son placement en rétention administrative, pour « lui comme [pour] les autres étrangers en situation irrégulière ».

Si cette procédure est classique, ce cas précis revêt une symbolique toute particulière. Plus encore à quelques jours du dixième anniversaire de l’attentat du 14 juillet 2016, qui avait fait 86 morts, 458 blessés et plusieurs milliers de victimes psychologiques.

L’attaque au camion-bélier avait été commise par Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un chauffeur-livreur tunisien de 31 ans installé à Nice, aîné d’une fratrie de onze enfants. H., son petit frère, n’aurait pas caché ce lien de parenté. Bien au contraire.

Parti de Tunisie en mars 2024, il avait rejoint Paris, puis la Côte d’Azur. Selon les révélations conjointes de Nice-Matin et d’Ici Azur, il squattait un studio initialement loué par sa sœur, dans une résidence proche de la promenade des Anglais. Il y aurait commis des dégradations et fait régner un climat d’insécurité.

Selon la gestionnaire des lieux, il l’aurait menacée en lançant : « Tu sais qui je suis, je suis le frère du terroriste ». Une plainte a été déposée le 9 juillet pour « dégradations et maintien illégal dans un immeuble d’habitation ». Les policiers ont guetté le retour du suspect et l’ont appréhendé en fin d’après-midi.

À la veille des commémorations

Depuis, l’affaire judiciaire s’est déplacée vers le terrain administratif. H. Lahouaiej Bouhlel dispose de 48 heures pour introduire un recours contentieux contre son OQTF.

On devrait savoir ce lundi si la police aux frontières peut procéder à son expulsion vers la Tunisie, et si oui, à quelle échéance. Nul doute que les victimes du 14-Juillet guetteront la décision avec intérêt, à la veille des commémorations de l’attentat commis par son frère aîné.

Des gerbes de fleurs seront déposées au pied de la sculpture mémorielle réalisée par l’artiste niçois Jean-Marie Fondacaro, sur la promenade des Anglais.

Les autorités consulaires tunisiennes seront préalablement sollicitées. Côté préfecture des Alpes-Maritimes, on l’assure : « Les autorités préfectorales font le maximum pour assurer les éloignements dans les meilleurs délais ».