Arthur Fils décroche la couronne à Cincinnati, un immense coup de théâtre avant l'US Open - Sport.fr
Une semaine avant le début de l’US Open, le tennis français tenait son grand rendez-vous à Cincinnati. Et personne ne l’avait vu venir avec cette intensité : Arthur Fils a soulevé dimanche le premier Masters 1000 de sa carrière, aux dépens de l’Américain Frances Tiafoe, au terme d’une finale à rebondissements (6-3, 1-6, 6-0).
À seulement 22 ans, le droitier tricolore rejoint un cercle très fermé. Il devient le cinquième Français de l’histoire à s’imposer sur ce niveau d’épreuve, et surtout le premier depuis Jo-Wilfried Tsonga en 2014. Une référence qui parle d’elle-même dans le petit monde du tennis hexagonal.
Le scénario, lui, a de quoi faire tourner les têtes. Fils démarre pied au plancher, breake d’entrée et boucle un premier set autoritaire, porté par un service quasi injouable (65% de premières balles, trois aces). Puis, coup de théâtre : Tiafoe hausse le ton, prend le dessus mentalement et inflige un cinglant 6-1 à son adversaire, visiblement déstabilisé. « J’ai un peu perdu ma concentration, il m’a mis sous pression », reconnaîtra plus tard le Français.
Sauf que la pilule n’est pas restée longtemps dure à avaler. Fils s’est « regardé dans le miroir », selon ses propres mots, avant de hausser considérablement son niveau de jeu dans le money-set. Résultat : un 6-0 sans appel face à un Tiafoe visiblement affecté physiquement. Une masterclass qui en dit long sur la marge de progression du natif de Vitry-sur-Seine.
Longtemps freiné par des soucis à la hanche qui l’ont éloigné des courts une bonne partie de 2025, Fils confirme qu’il a désormais le physique pour accompagner son talent. Ce sacre s’accompagne d’un bond spectaculaire au classement mondial : de la 21e à la 11e place, aux portes du Top 10.
Direction New York, donc, où le tableau s’annonce ouvert : ni Jannik Sinner (forfait, genou), ni un Carlos Alcaraz tout juste revenu de blessure ne pourront freiner les ambitions d’un Fils visiblement lancé. Le vestiaire tricolore, lui, risque bien d’en parler encore longtemps.