Arthur Fils, qualifié pour la finale du Masters 1000 de Cincinnati : « Je n'ai plus besoin de cette folie »
« Vous êtes assez franc lorsqu'il s'agit de parler de votre ambition, vous dîtes clairement que vous venez pour gagner un tournoi. Tout le monde ne tient pas ce discours et tout le monde n'est pas prêt à l'entendre. Est-ce que ça vous touche quand on vous reproche cette honnêteté ?
La première personne avec qui je dois être honnête, c'est moi-même. Beaucoup d'athlètes le disent, quand vous annoncez les choses, que vous avez le courage de dire les choses, ça peut les rendre plus faciles. C'est ce que j'essaie de faire. Bien sûr, j'ai confiance en moi. Mais je ne dis pas non plus que je vais décrocher la lune. Non, ce que je dis, c'est que je me suis bien préparé et que quand j'arrive sur un tournoi, je vais faire du mieux possible, tout donner et essayer de gagner. Et si je n'y arrive pas, ce n'est pas grave, il y aura un autre tournoi la semaine suivante où je tenterai à nouveau de gagner.
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Cette semaine, on vous a vu beaucoup plus calme, plus en contrôle qu'à Miami par exemple, où vous aviez aussi atteint les demi-finales.
Oui, je suis moins fou (rire). À Miami, je m'encourageais énormément entre les points. Presque à chaque fois, en fait. Et, au final, ça pompe pas mal d'énergie. Mais à force de bien figurer dans de grands tournois, on prend de l'expérience et on n'a plus besoin de se pousser de la sorte. Je n'ai plus besoin de cette folie.
En parlant d'habitudes, vous nous avez dit plus tôt que vous passiez la majorité de vos soirées seul dans votre chambre, pas avec votre équipe. Avant cette demi-finale, c'était différent ?
Non, j'étais seul dans ma chambre avec la télé qui est cassée (rire). En fait, on était à deux doigts d'aller dîner avec Ivan (Cinkus, son coach), mais il avait l'air fatigué. Je lui ai dit « Tu sais quoi ? On va se faire un room service chacun dans notre chambre. » Quant à mon préparateur physique (Lapo Becherini), il faut savoir qu'il a une particularité. Une fois sorti du stade, je ne le vois plus et je ne sais ce qu'il fait. Je ne sais pas s'il est sorti dîner ou quoi... Mon kiné est sorti, lui. On est souvent chacun de notre côté, comme ça, on a des choses à se raconter le matin (sourire). Et je pense que ce sera la même chose ce soir (samedi).
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« En finale, ce n'est pas toujours le meilleur tennis qui fait la différence, mais celui qui gère le mieux ses nerfs. Je vais tout faire pour être celui-là. »
Arthur Fils
Sur cette demi-finale, on a senti beaucoup de tension sur les six premiers jeux. Et puis vous avez fait un superbe passing qui a réveillé le stade. Il vous a fait du bien, à vous aussi ?
C'est vrai que, lui comme moi, nous étions tendus en début de match. Ce passing, oui, il m'a fait du bien. Mais c'est surtout à 4-3, quand j'ai tenu deux ou trois échanges, que j'ai vraiment réussi à rentrer dans le match. À partir de là, je me suis senti bien. Je commençais à me dire que j'étais dedans, que j'allais pouvoir lâcher plus de coups droits, plus varier au service. Parce qu'au début, quand tu es tendu, ta première passe moins bien. Ton temps de réaction est plus long. Oui, c'était comme ça sur les six premiers jeux. Et avec le break dans le deuxième set, je me suis vraiment détendu.
Vous venez de vous qualifier pour votre première finale en Masters 1000, mais vous êtes très calme.
Oui, c'est une première grande finale, mais il n'y a pas d'euphorie. Je reste concentré car il y a encore un match à gagner. Que ce soit en 250, en 500 ou en 1000, une finale, c'est toujours particulier. Ce n'est pas toujours le meilleur tennis qui fait la différence, mais celui qui gère le mieux ses nerfs. Je vais tout faire pour être celui-là et gagner la finale. Mais je ne suis pas encore satisfait, j'attends la fin du tournoi. J'espère ramener le titre à la maison et, après, on pourra célébrer. »