Publié le samedi 24 octobre 2026 à 19h49

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Trappes en hommage à l'homme de 26 ans tué dans cette ville des Yvelines. Le tireur, interpellé, est soupçonné d'avoir agi par racisme.

"Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent", "Trappes réclame justice et vérité", proclamaient des pancartes brandies dans la foule, en début d'après-midi ce samedi 24 octobre, sur les lieux où un jeune Français d'origine africaine a été tué vendredi matin à Trappes, au sud-ouest de Paris. Cette commune a été touchée par une attaque terroriste "sur la base d'une idéologie raciste" selon Emmanuel Macron. Une attaque qui a fait un mort et cinq blessés, dont une enfant de 12 ans. Le tireur, un homme de 39 ans, a été interpellé et le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi des faits.

Des proches de Pengo Bossio Wangi, espoir français du MMA, participaient au rassemblement, ainsi que des élus nationaux et de Trappes, et des familles avec jeunes enfants. "Justice pour Pengo Bossio Wangi et toutes les victimes de Trappes. Les mots tuent", pouvait-on lire sur une banderole portant le visage dessiné de la victime. Une minute de silence a été observée en hommage au jeune homme pendant cette manifestation organisée par le Comité Adama, connu pour son combat contre le racisme et les violences policières.

"La haine a été attisée en France", estime une participante

"Pengo est mort parce qu'il était noir", a dit au micro la fondatrice du comité, Assa Traoré. "Les gens ne se rendent pas compte de ce qu'il se passe aujourd'hui dans les quartiers populaires, c'est gravissime et c'est un problème français, qui appartient à tout le monde (...) qu'on doit prendre à bras-le-corps", a ajouté la militante. "Nous ne pouvons accepter qu'un jeune homme de 26 ans (...) (soit mort) parce que la haine a été attisée en France", a-t-elle insisté.

"Rien de ce qui s'est passé ne doit être banalisé", a déclaré la députée de La France insoumise (LFI) Mathilde Panot, venue avec un autre député du parti, Thomas Portes. "Le racisme tue, l'extrême droite tue", a-t-elle ajouté. "Nous ne céderons rien à la haine raciste". Christine Renaut, retraitée de 69 ans, était venue de Coignières (Yvelines) protester "contre la violence". "C'est facile de prendre une arme et de tirer, c'est d'une lâcheté", a-t-elle regretté, ajoutant: "Faut se réveiller même si c'est déjà trop tard. Je suis désespérée, même les élus ne font pas leur job". L'élu Mehdi Salemkour s'était déplacé de la ville du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) dont il est maire adjoint. Il a exprimé auprès de l'AFP "beaucoup de colère qu'il faut garder et maîtriser" et "beaucoup d'incompréhension, un ras-le-bol des médias, des personnalités politiques".

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