Les festivités du 15 août à Liège ont pris fin après avoir attiré, une nouvelle fois, des milliers de personnes dans les rues du quartier. Une édition qui, comme chaque année, semble avoir ravi les fêtards sous un soleil qui tapait aussi fort que les tambours.

Parmi eux, Matî l'Ohê (Mathieu l'os pour les moins avisés) a lui aussi largement profité des festivités. Pourtant, alors qu'il avait encore été aperçu en pleine forme samedi soir, le drame survient dimanche matin. Le gai luron a en effet succombé. De quoi ? Nul ne saurait le dire. De la chaleur ? De l'épuisement ? Toujours est-il que dès l'annonce de sa mort, les Liégeois n'ont pas tardé à venir lui rendre un dernier hommage au Musée Tchantchès.

Sur son lit de céleri et de carottes, accompagné des effluves de péket, témoignages des restes d'une fête de quatre jours, l'os de jambon bien entamé a traversé les rues d'Outremeuse sous les cris des nombreuses pleureuses venues accompagner la dépouille pour son dernier voyage… avant l'année prochaine.

C'est donc tout naturellement que le cortège funèbre commencé sur le coup de 17 heures s'est progressivement transformé en une fête joyeuse et bien arrosée. Les "hôtels de la soif" n'ont pas failli à leur devoir et ont, comme promis, rempli leur rôle d'hydrateurs pour l'occasion.

Il faut d'ailleurs plus qu'un malheureux décès carné pour mettre à terre les Liégeois… surtout quand ils savent que, dans un an, c'est reparti.

Au terme du cortège, Matî a été incinéré. Enfin, c'est tout comme. Ceux dans la confidence savent que de petites mains se chargent de l'enterrer dans un jardin jusqu'au printemps prochain pour ensuite le déterrer et le vernir. L'os devient alors un souvenir impérissable d'une nouvelle édition des fêtes du XV août toujours plus festive que les précédentes.

Quant à l'incinération, il est important de faire illusion ! Ainsi, on fait péter des pétards et on lance des confettis et, en un rien de temps, le tour est joué ! Un spectacle dont personne, malgré les années, ne se lasse. Il suffit de voir le monde, que ce soit en rue ou sur les balcons.

Marcel, le porteur de Matî l'Ohê.
Marcel, le porteur de Matî l'Ohê. ©L.N.

Le dimanche s'est clôturé… cette fois sans feu d'artifice au vu de la sécheresse de ces dernières semaines. Mais pas de panique… car Mathieu s'est éteint… mais tel un phénix, il renaîtra de ses cendres pour, une fois de plus, faire battre le cœur de la République Libre d'Outremeuse.

Et co'n fèye po nin l'rouvî, allons Lîdge

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