La place du baccalauréat « doit être discutée au moment de la présidentielle », a redit ce jeudi 10 septembre le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, au lendemain d’un rapport sénatorial préconisant de supprimer le droit d’accès automatique aux études supérieures des bacheliers.

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« La question de la place du baccalauréat est une question qui doit être discutée au moment de la présidentielle, parce que c’est un grand sujet de société », a-t-il déclaré sur la chaîne Public Sénat, « louant » la « qualité du rapport » publié mercredi issu de la commission d’enquête sénatoriale sur l’excellence académique.

Selon lui, les « taux de poursuite d’études post-bac sont extrêmement élevés, avec des gens qui ne sont pas forcément suffisamment formés pour faire des études », ce qui « amène après à des taux d’échec qui sont considérables en licence » (bac+3).

« On demande aujourd’hui à nos universités l’impossible, c’est-à-dire de prendre des étudiants qui ont des profils extraordinairement variés et de les faire tous réussir », a-t-il estimé, citant en particulier les bacheliers professionnels.

Il s’est dit favorable à « des années de propédeutique, de rattrapage post-bac, pour un certain nombre de bacs en tout cas ».

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a abondé en ce sens, jeudi sur RMC. « Il faut peut-être qu’on sorte collectivement du mirage +du tout le monde doit avoir un master pour (trouver) un boulot (…) Il faut peut-être mieux appuyer les métiers de production, les métiers techniques », a-t-il déclaré. « Il ne faut pas que culturellement, on court tous après les études supérieures ».

Autre proposition du Sénat : multiplier par cinq des droits d’inscription à l’université pour tous les étudiants. Philippe Baptiste s’est dit « farouchement opposé » à une augmentation pour « tout le monde ».

Faut-il faire payer l’université ?

Face aux difficultés financières des universités, « en limite de fonctionnement », il existe « deux options » selon lui. « Soit l’État réinvestit massivement dans l’enseignement supérieur, c’est probablement plusieurs milliards d’euros qu’il faut mettre chaque année (…) L’autre option, c’est de dire qu’en fonction de vos revenus, peut-être qu’il y a des contributions qui peuvent être supérieures », a-t-il avancé.

Il a soutenu une nouvelle fois une réforme des bourses, qui supprimerait les échelons et qui coûterait « 400 millions d’euros à peu près par an ». « Il est indispensable de la faire à un moment ou à un autre », a-t-il assuré.

« La plupart de ces propositions, pour ne pas dire toutes, il n’est pas question de les mettre en œuvre dans les six mois qui viennent », a insisté le ministre, les qualifiant de « changements structurels ».

Selon une étude parue en juillet du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), le diplôme joue toujours un « rôle protecteur déterminant sur le marché du travail », malgré la massification des études supérieures.

En comparant six cohortes de jeunes sortant du système scolaire sur la période 2004-2024, les auteurs constatent que le taux de chômage des diplômés du supérieur n’a jamais franchi le seuil de 15 %, quand celui des sortants du secondaire « l’a systématiquement dépassé ».