Oui, les manquements persistent dans les centres de bronzage belges. Sur les 103 établissements inspectés par le SPF Économie l'an dernier, 53 étaient en infractions, selon le ministre de l'Économie David Clarinval (MR).

Une situation qui évolue peu au fil des années. En 2024, 58 des 106 centres inspectés n'étaient pas en règle. Ils étaient 32 sur 44 en 2023 et 43 sur 51 en 2022.

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"Un impact sur la santé des consommateurs"

"Le premier type d'infractions constatées concerne principalement le dépassement de l'intensité maximale de rayonnement autorisé et le non-respect du schéma d'exposition", explique le ministre libéral, en réponse aux députés Jean-François Gatelier (Les Engagés) et François De Smet (DéFI). Des manquements qui, selon le ministre, "peuvent avoir un impact sur la santé des consommateurs".

À côté de ces infractions à risque, d'autres relèvent davantage du respect des obligations administratives. Il s'agit notamment de "l'absence d'un responsable d'accueil ayant suivi et réussi la formation obligatoire, d'une information insuffisante sur les risques liés à une exposition au rayonnement UV et de manquements dans la tenue et le suivi des dossiers clients".

Des sanctions pouvant aller jusqu'à l'interdiction d'utiliser les appareils

Dans sa réponse parlementaire, le ministre rappelle que les sanctions sont adaptées à la gravité des infractions constatées. Elles peuvent prendre la forme "d'un avertissement, d'une injonction de mise en conformité, d'une amende administrative ou de l'interdiction d'utiliser le banc solaire jusqu'à sa mise en conformité".

Au vu de ces résultats, les contrôles vont se poursuivre. "Dans le plan de contrôle 2026, à nouveau 100 contrôles de centres de bronzage sont prévus", annonce David Clarinval.

Le ministre n'exclut pas non plus une évolution du dispositif actuel. "Une analyse sera menée au sein de l'administration afin d'identifier d'éventuelles pistes d'amélioration dans l'application du cadre actuel, notamment en matière de contrôle et de respect des obligations existantes", précise-t-il. "Si nécessaire, cette analyse pourra servir de base à une concertation avec le ministre chargé de la Protection des consommateurs pour éventuellement prendre des mesures utiles."

"Les risques sont démontrés"

Pour Jean-François Gatelier, ces chiffres restent préoccupants. Le député cite d'ailleurs les données récemment avancées par la Fondation contre le Cancer. "En vingt ans, le nombre de cancers de la peau a été multiplié par quatre", souligne-t-il. Avant de préciser que ces cancers représentent aujourd'hui "près de 40 % de l'ensemble des cancers".

L'élu insiste également sur la progression des mélanomes chez les plus jeunes et sur leur coût pour la collectivité. "Le mélanome peut aujourd'hui être traité avec le Keytruda […]. Cependant, ce traitement coûte environ 80.000 euros par an."

Pour Jean-François Gatelier, "il n'existe aucun bénéfice à recourir à un banc solaire, alors que les risques, notamment celui de développer un cancer de la peau, sont bien établis".

Le député plaide désormais pour aller plus loin et estime que, "comme pour l'amiante ou le tabac", il faudra à terme envisager des mesures beaucoup plus strictes concernant les bancs solaires.


Un secteur hors-la-loi, nocif et bientôt interdit?

La Fondation contre le Cancer demande un durcissement radical de la réglementation sur les bancs solaires, jusqu'à leur disparition progressive en Belgique. Le ministre de la Santé précise, quant à lui, "examiner cette question dans le cadre de notre plan cancer".

Près d'un Belge sur dix s'est rendu dans un centre de bronzage au moins une fois par an ! Les jeunes âgés de 16 à 24 ans sont les plus nombreux à y recourir et 38 % d'entre eux pensent, à tort, qu'un banc solaire est plus sûr que le soleil.

"Les jeunes restent un groupe particulièrement à risque", souligne la Fondation contre le Cancer. "L'idéal de beauté associé à une peau bronzée continue d'être largement entretenu via les réseaux sociaux, les influenceurs et les promotions commerciales. Or, une peau bronzée n'est pas un signe de bonne santé, mais une conséquence des dommages tissulaires et lésions à l'ADN causés par les rayons UV."

La Fondation contre le Cancer rappelle que les bancs solaires sont classés comme cancérogènes par l'Organisation mondiale de la Santé et qu'ils peuvent être 6 à 15 fois plus puissants que le soleil méditerranéen à midi. "Nous observons une augmentation continue et rapide des cancers de la peau en Belgique. Cette tendance est préoccupante", alerte Bart Van Gool, Senior Data Manager du Registre belge du Cancer. Selon les données présentées par la Fondation, 70 % des mélanomes et 95 % des autres cancers de la peau sont liés à l'exposition aux rayons ultraviolets (UV).

La Belgique compte aujourd'hui plus de 2.000 exploitants de bancs solaires enregistrés. Estimant que "la réglementation actuelle ne suffit pas à protéger la population", la Fondation contre le Cancer demande d'interdire la publicité pour les bancs solaires, de renforcer les contrôles et garantir le respect strict de la législation existante, de les retirer des centres de fitness, hôtels et espaces wellness et, à terme, d'organiser leur interdiction progressive en Belgique, "en commençant par les centres de bronzage".

De son côté, le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) se dit "conscient des dangers des bancs solaires et nous examinons actuellement cette question dans le cadre de notre plan cancer".

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