Besançon. Nouveaux saluts nazis au musée de la Résistance : « Un crescendo dramatique »
Deux personnes ont été interpellées lundi 3 août au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. Elles étaient suspectées d’avoir réalisé un salut nazi dans la salle 3 de l’établissement, devant le drapeau du IIIe Reich. « Depuis le début de l’année 2026, on a comptabilisé une douzaine d’actes similaires », regrette Alexandre Arnodo, directeur de la Citadelle de Besançon. « C’est un crescendo dramatique, on avait jamais vu ça depuis la réouverture du musée en 2023. »
Les suspects évoquent une « bêtise »
Le directeur de la Citadelle a porté plainte au nom de la Ville de Besançon ce mardi. « Ces saluts nazis sont réalisés par des gens de tous horizons, des familles, des touristes, des Français, certains le font en riant, comme pour provoquer, d’autres ont l’air sérieux. » Alexandre Arnodo rappelle que cette augmentation intervient alors que la signalétique a été renforcée dans le musée, rappelant que les lieux sont équipés de caméra de vidéosurveillance.
« On est aussi très vigilants aux tatouages ou aux tee-shirts des visiteurs. » Certaines personnes arborent des signes interdits, comme des croix gammées. « On leur empêche l’accès au musée s’ils ne couvrent pas ces représentations. S’ils n’obtempèrent pas et ne veulent pas quitter le musée, on appelle la police. »
C’est ce que la direction du musée a fait lundi matin. Les deux mis en cause, un frère et une sœur âgés de 36 et 41 ans, ont été placés en garde à vue avant midi au commissariat de Besançon. Ils ont reconnu les faits, évoquant une « bêtise », selon une source policière, avant d’être relâchés. Dans l’attente de poursuites judiciaires, la procédure a été transmise au parquet de l’Hérault.
Pouvant être concernés par des alternatives aux poursuites, les deux suspects pourraient être poursuivis pour apologie de crime de guerre et de crime contre l’humanité, ou pour provocation à la haine raciale, délit passible d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende.
Le sujet est pris au sérieux par les autorités. Lors d’un débat au conseil municipal en juin dernier, les élus bisontins ont fait part de leur indignation unanime face à ces comportements délinquants en hausse au musée de la Résistance et de la Déportation.