Billy Bishop : Ottawa a-t-il cédé à « un groupe marginal »?
Brisant le silence pour la première fois depuis le rejet par Ottawa de l’expansion de l’aéroport Billy Bishop, le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria, assure à nouveau vouloir aller de l’avant avec le projet.
Le ministre Sarkaria déplore qu’Ottawa ait plié devant un petit groupe marginal.
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Vendredi dernier, le gouvernement fédéral a fermé la porte à l’agrandissement de la piste d’atterrissage qui aurait permis la venue d’avions à réaction à l’aéroport situé sur les îles de Toronto. Ottawa assure avoir reçu 87 000 réponses lors de ses consultations publiques et que 87 % d’entre elles étaient défavorables à l’expansion.
En tant que province, nous continuerons d’insister pour la modernisation de cet aéroport parce que c’est la bonne chose à faire et que c’est logique, assure néanmoins M. Sarkaria en marge d’une conférence sur l’expansion de la route 3 à St. Thomas.

Le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria, confirme que les terrains des iles de Toronto ne seront pas retournés à la municipalité. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Prabmeet Sarkaria dit avoir entendu de nombreuses voix en faveur du projet, notamment de collectivités dans le nord et dans l’est de la province. Par courriel lundi, M. Sarkaria a assuré que les retombées du projet sont évaluées à 8,5 milliards de dollars par an à l’économie canadienne.
Le ministre des Transports confirme également ne pas avoir l’intention de retourner les terrains à la Ville de Toronto, ce qui était demandé par la mairesse, Olivia Chow.
Nous soutenons pleinement la modernisation prévue dans ce plan qui sera proposé par l’Administration portuaire de Toronto [et] nous demandons au gouvernement fédéral de continuer d’examiner cette proposition. Elle a du sens pour les gens qui veulent voyager par les airs.
M. Sarkaria assure que la vision de l’expansion de l’aéroport Billy Bishop va au-delà d’un cycle électoral de quatre ans.
Pas de recours légaux pour Toronto
Questionnée lors d’une entrevue à CBC News, Olivia Chow ne voit pas de recours légal dont la Ville peut recourir afin de récupérer les terrains situés sur les îles de Toronto et le parc Little Norway.

La mairesse Olivia Chow a déposé une motion urgente au conseil municipal pour demander le retour des terrains à Toronto. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Pour elle, c’est le pouvoir du peuple, mais pas le pouvoir législatif qui pourra faire pencher la balance.
La Ville [de Toronto] est une créature de la province. […] Il faut simplement continuer d’en parler, et continuer de profiter de notre espace près du lac Ontario.
La mairesse Chow assure néanmoins avoir de bonnes relations avec les différents paliers de gouvernement.
Une motion sur le retour des terrains en question sera toutefois débattue lors de la prochaine rencontre du conseil municipal, le dernier avant les élections d’octobre prochain.
Un « joyau », dit Doug Ford
Le premier ministre ontarien, Doug Ford, a qualifié le projet d’agrandissement de l’aéroport de joyau et son gouvernement affirme qu’un aéroport plus grand ajouterait des milliards de dollars à l’économie chaque année.

Le premier ministre Doug Ford en compagnie du PDG de l’Autorité portuaire de Toronto, RJ Seenstra, lors d’une conférence de presse à l’aéroport Billy Bishop, le 23 mars. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn
Le PDG de l’Administration portuaire, RJ Steenstra, a déclaré lors d’une audience de comité sur le projet de loi que l’expansion de l’aéroport coûterait entre 4 et 5 milliards de dollars sur 25 ans, et qu’elle serait financée par les passagers et les compagnies aériennes.
M. Steenstra a précisé lors de cette audience qu’il avait partagé des plans préliminaires avec les gouvernements fédéral et provincial, mais pas avec la Ville, expliquant que cela était dû à des conflits d’horaire.
L’aérogare de l’aéroport appartient à Nieuport Aviation, une société contrôlée par J.P. Morgan Asset Management, une firme basée aux États-Unis.