Le candidat du Parti des travailleurs (PT) a obtenu 51,78% des voix contre 48,22% pour le fils aîné de Jair Bolsonaro, ancien président d'extrême droite, alors que 99,96% des suffrages ont été dépouillés, d'après les résultats en direct sur le site du Tribunal supérieur électoral (TSE).

Depuis la fin de la dictature militaire en 1985, aucun candidat n'était parvenu à se hisser de la deuxième à la première place entre les deux tours. Flávio Bolsonaro s'était en effet imposé au premier tour, le 4 octobre, en devançant avec 47% des suffrages le président sortant (45%), malgré des sondages prévoyant une légère avance pour Lula la veille du vote.

Pour le second tour, deux sondages publiés samedi soir par les instituts Datafolha et Quaest donnaient au contraire au fils Bolsonaro 51% d'intentions de vote, contre 49% pour le président sortant. L'écart se situait toutefois dans la marge d'erreur.

La gauche s'est toutefois réveillée après la claque du premier tour, descendant dans la rue et misant sur les réseaux sociaux, où la droite a dominé les débats ces dernières années.

Durant la campagne, Lula s'est posé en champion de la souveraineté nationale face aux pressions commerciales et diplomatiques de Donald Trump. Après trois candidatures infructueuses, l'ancien métallo avait accédé une première fois à la présidence en 2003, avant d'être réélu en 2006. En 2022, il l'avait encore emporté, de peu, face à Jair Bolsonaro.

De son côté, le sénateur d'opposition a érigé le travail en valeur fondamentale, critiquant vivement les programmes sociaux de son adversaire. Il promettait de suivre la voie tracée par son père, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État après sa défaite face à Lula en 2022: fermeté contre la criminalité, politique pro-entreprises et partenariat avec les États-Unis.

Le Brésil reste donc à gauche sur l'échiquier politique, sur un continent où la droite, voire l'extrême droite, s'est peu à peu imposée avec notamment Nayib Bukele au Salvador depuis 2019, Javier Milei en Argentine depuis 2023 ou encore Abelardo de la Espriella, arrivé début août à la tête de la Colombie.

Plus de 128 millions de Brésiliens et Brésiliennes ont exprimé leur voix pour départager les deux hommes, tandis que près de 30,5 millions (19%) se sont abstenus.

Bolsonaro ne reconnaît pas la défaite et annonce une procédure d'annulation

Flávio Bolsonaro, sénateur d'opposition et candidat malheureux à l'élection présidentielle dimanche au Brésil, a déclaré qu'il lui était "impossible" de reconnaître la défaite face à son adversaire de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva. Il a annoncé qu'il allait demander l'annulation du scrutin, contestant l'ouverture prolongée de certains bureaux de vote.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui n'est pas normal, c'est même inacceptable", a déclaré le quadragénaire dans un discours prononcé après l'annonce des résultats définitifs du scrutin. Avec 100% des bulletins dépouillés, Lula l'emporte à 51,79% des voix contre son rival de droite Flávio Bolsonaro.

Pour ce second tour, les bureaux de vote devaient initialement fermer à 17h00 (21h00 en Belgique). Le Parti des travailleurs (PT) avait cependant saisi la Cour suprême pour réclamer une prolongation en raison de problèmes de transport en commun. La formation de Lula dénonçait notamment le fait que des bus aient été retirés de la circulation dans des villes comme São Paulo (sud-est), dirigée par un maire de droite, ou Salvador de Bahia (nord-est), empêchant la population de se rendre dans les bureaux de vote.

La Cour avait alors ordonné de prolonger de deux heures l'ouverture des bureaux. Mais le temps que l'ordre soit transmis à chaque bureau, certaines urnes électroniques avaient déjà été fermées et le dépouillement avait débuté, créant une grande confusion. Le juge Cristian Zanin, nommé par Lula à la Cour suprême, a dû préciser ultérieurement que la prolongation du vote ne s'appliquait que pour les urnes qui n'avaient pas été fermées au moment de sa décision.

Face à la foule, Flávio Bolsonaro a accusé de partialité le juge de la Cour suprême. Alors qu'il "ne fait pas partie du Tribunal supérieur électoral", "il a changé les règles du jeu en milieu de partie". "Nous allons employer la voie juridique pour demander l'annulation de ces élections", a-t-il conclu.

Le camp Bolsonaro avait lui aussi réclamé au TSE la prolongation du vote dans deux États, ceux de Minas Gerais (sud-est) et de Rio Grande do Sul (sud), en raison de fortes pluies dans ces régions.

De son côté, le ministre Kassio Nunes Marques, président du Tribunal supérieur électoral (TSE) et nommé par l'ex-président Jair Bolsonaro, a affirmé sa "confiance absolue dans l'ensemble du processus électoral" peu après l'annonce du résultat final.