l'essentiel Depuis plusieurs mois, un imposant drone survole régulièrement l'ouest du Tarn. Bruyant, spectaculaire et aperçu à de nombreuses reprises, il nourrit toutes les hypothèses sur les réseaux sociaux. Son véritable propriétaire et la mission qu'il remplit sont bien plus surprenants qu'on pourrait l'imaginer. Voici tout ce qu'il faut savoir.

Entre Albi et Gaillac, plusieurs habitants se sont étonnés du passage régulier d'un mystérieux drone au-dessus de leur tête. L'engin est de taille imposante et ferait, selon les témoignages, pas mal de bruit. Sur les réseaux sociaux, chacun y va de son interprétation...

Que l'on se rassure, il n'a en rien une vocation militaire et ces vols sont parfaitement habilités par la direction générale de l'aviation civile, comme l'a confirmé la préfecture, après quelques recherches. Le commanditaire de ces survols de l'ouest tarnais est à rechercher du côté de l'hôpital d'Albi.

L'établissement teste la livraison médicale par ces nouveaux appareils qui n'ont pas fini d'étonner par leur capacité à révolutionner les moyens de transport.

Des transports de prélèvements sanguins

À l'origine de cette initiative, on trouve le directeur de l'établissement, Alexandre Fritsch. Il confirme avoir lancé cette expérimentation sur le transport par drone de prélèvements sanguins. "Notre laboratoire de biologie est situé à Albi. L'idée est d'acheminer par ce moyen aérien les prélèvements effectués sur les établissements de Gaillac et Graulhet plutôt que par voie terrestre, explique-t-il. Ce mode de livraison nous permet de gagner du temps par rapport à un véhicule, de multiplier les fréquences de trajet et c'est aussi plus écologique avec un bilan carbone plus bas."

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Ce type de transport est encore loin d'être répandu mais il est en passe de se développer en France. Non loin d'ici, dans l'Ariège, le réseau de laboratoires médicaux Cerballiance utilise depuis quelques mois ce mode de livraison pour ses échantillons sanguins. C'est la société Innov’ATM qui propose ce système. Basée à Cugnaux, à proximité de Toulouse, elle s'est spécialisée dans la logistique médicale avec son projet DroneMed.

Pour Alexandre Fritsch, le transport par drone pourrait également être étendu aux médicaments et éventuellement aux poches de sang. "Nous étudions cette possibilité avec l'établissement français du sang", souligne le directeur.

Un drone de 3 mètres d'envergure

L'expérimentation a débuté en janvier et devait se terminer le 31 juillet. Son objectif est de définir une route aérienne spécifique au drone en collaboration avec la direction générale de l'aviation civile. Le drone en question fait près de 3 mètres d'envergure et, selon les préconisations techniques, peut voler à 100 km/h en emportant avec lui jusqu'à 3 kg de matériel.

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Difficile pour lui de passer inaperçu et on peut comprendre les interrogations des habitants survolés qui n'ont reçu aucune information sur la nature de ces vols.

"L'autre difficulté technique est d'avoir un vertiport permettant au drone de se poser avec la possibilité de récupérer facilement la livraison", indique Alexandre Fritsch. L'hôpital aimerait pouvoir dessiner une route aérienne pour Albi-Gaillac mais aussi pour Graulhet qui est dans le giron de l'établissement albigeois.

Avant de prendre une décision sur la mise en place de ce mode de transport d'avenir, il y aura bien entendu une étude de rentabilité avant de projeter l'hôpital dans le futur.