L’épreuve continue pour les évacués de Summerland
Après avoir dû fuir précipitamment leur maison en raison du feu de forêt de Bald Range, près de Summerland, en Colombie-Britannique, des évacués revenus chez eux ne sont pas au bout de leurs peines.
Craig Milton se tient au milieu des ruines de ce qui, il y a à peine deux semaines, était sa demeure. Sa femme et lui y possédaient également une petite ferme ainsi qu'une salle de spectacle pouvant accueillir jusqu’à 50 personnes.
C’était un endroit vraiment cool où passer du temps, lance ce mélomane, qui avait une collection de 1400 albums, dont certains étaient autographiés par des musiciens ayant joué chez lui.
Il décrit la scène qui l’entoure comme irréelle.
Certaines personnes disaient qu’une fois sur place, ce serait plus réel, mais d’une certaine façon, c’est encore moins le cas. Je n’arrive juste pas à y croire.
Pragmatique, il relativise d’abord la perte de ses possessions : Je peux racheter un réfrigérateur, un nouveau sofa, une nouvelle télévision. Je me fiche de tout cela.

Les ruines d'une maison détruite par les flammes à Summerland, dans l'Okanagan.
Photo : Radio-Canada
Mais il évoque ensuite les écrits de sa grand-mère maternelle, de l’arbre généalogique rassemblé par sa tante et de sa collection de vinyles qui symbolisait sa relation avec son père, tous réduits en cendres : Ce n’était pas juste des objets; c’est irremplaçable.
Craig Milton dit s’être senti effacé et vide la première fois qu’il est retourné sur sa propriété.
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Et il n’est pas le seul à subir ce sort. Selon des données préliminaires publiées lundi par le District régional d'Okanagan-Similkameen, environ 150 bâtiments ont été endommagés ou détruits par le feu de Bald Range, dont 40 dans le district de Summerland.
On a su qu'on était en danger
Le résident de Summerland se rappelle la fameuse soirée du vendredi 7 août, où le feu de Bald Range a pris d’assaut sa communauté de l’Okanagan.
L’incendie, dont l’intensité a été décrite par les autorités comme étant du jamais-vu, s’est déclaré en fin d’après-midi.

Des arbres brûlent lors du feu de Bald Ranger à Summerland, en Colombie-Britannique, le 8 août 2026.
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
M. Milton a été alerté de la présence du brasier vers 17 h par un voisin et s’est d’abord dit que c’était préoccupant, mais pas imminent.
Il a ensuite reçu un appel d’amis en train de fuir sur l’autoroute, qui prenait des nouvelles de sa famille et lui, ce qui l’a davantage inquiété.
Avec son fils, ils se sont installés vers 17 h 30 sur des chaises pour regarder ce qui se passait plus haut : On a vu cette grosse fumée bouillonner dans le ciel et l'on a su qu'on était en danger.

La propriété de Craig Milton a été ravagée par le feu de Bald Range.
Photo : Facebook/Craig Milton
Selon ce que des résidents de la vallée lui ont rapporté, cette soirée a été le théâtre d’une pluie de gros tisons et morceaux de bois enflammés qui tombaient comme des bombes.
Il croit donc que sa propriété a pris feu au contact de ces projectiles.
Une maison cambriolée
Carl Boucher raconte l’appréhension et l’excitation ressenties au moment de retourner avec sa femme et ses trois enfants à leur domicile, jeudi soir. Malheureusement, à l’arrivée, on est rentrés dans une maison qui a été dévalisée, lâche-t-il.
Les cambrioleurs se sont emparés de tous leurs ordinateurs, consoles de jeux vidéo et téléviseurs, en plus de leurs effets personnels. Des fenêtres et des portes ont aussi été brisées. C’était un grand mess!, s'exclame le résident de Summerland.
Le père de famille dit ressentir un mélange d'émotions au lendemain de cette sombre découverte : colère, incrédulité, frustration, peine.
Après deux semaines sur le divan chez grand-maman et grand-papa, je vous dirais qu’on espérait quelque chose d’un petit peu plus heureux au retour.
Au moins, le couple a des assurances et tente d’expliquer aux enfants qu’ils seront capables de remplacer ces choses.

Carl Boucher et sa conjointe ont retrouvé leur domicile cambriolé lorsqu'ils sont rentrés à Summerland, 14 jours après avoir dû évacuer.
Photo : Radio-Canada / Benoît Ferradini
Vendredi matin, les Boucher ont rencontré la police pour effectuer le constat d’effraction. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Penticton indiquait alors que depuis le retour des évacués en date [de jeudi], aucun autre cambriolage ou vol n'avait été rapporté.
Loin d'un retour à la normale
Beaucoup de ménage attend le clan Boucher. Après avoir désinfecté les réfrigérateurs et congélateurs, ils s'apprêtent à désinfecter l’ensemble de leur maison, pièce par pièce.
On n’a pas eu d’électricité pendant 185 heures, explique Carl Boucher. Et la fumée, toujours très épaisse vendredi, a imprégné leur demeure : au sous-sol, à l’étage, un petit peu partout.
C’est sans compter la grande quantité de cendres qui s’est répandue sur leur entrée, les poignées et les fenêtres. La famille a tenté de contacter des professionnels pour les aider dans leurs démarches, mais force est de constater que ceux-ci sont complètement débordés.

Pour Carl Boucher et sa conjointe, ce n'est que le début d'un retour qui s'annonce difficile.
Photo : Radio-Canada / Benoît Ferradini
L’absence d’accès à l’eau potable préoccupe également M. Boucher, qui se demande même s’ils sont revenus trop tôt. Je crois qu’on va vivre comme cela pour encore plusieurs jours, je ne sais pas si ça va être possible, mais on va voir, dit-il.
Pour lui, tout sentiment de normalité a pour l'instant disparu : On improvise.
Avec les informations de l’émission Phare Ouest, de Benoît Ferradini et de Corentin Mittet-Magnan