Camille Vigogne Le Coat et Clément Lacombe, grands reporters au Nouvel Obs, cosignent "La Droite de Dieu. Vincent Bolloré, un milliardaire en mission" (Les Arènes). Une enquête sur l'influence du milliardaire breton ultraconservateur sur la politique française.

Vincent Bolloré "est obsédé par le jugement dernier, l'enfer, le paradis, le purgatoire", affirme Clément Lacombe, grand reporter au Nouvel Obs qui cosigne La Droite de Dieu. Vincent Bolloré, un milliardaire en mission (Les Arènes) avec sa consœur Camille Vigogne Le Coat. Le milliardaire breton, propriétaire notamment de CNews, Europe 1 et le JDD, "est persuadé qu'il faut gagner sa place au paradis par les actions qu'il va mener sur terre, et donc il est entré en mission, il pense que pour gagner sa place au paradis, il faut rechristianiser la France, il faut réévangéliser le monde", poursuit le journaliste.

Vincent Bolloré "a mis ses entreprises au service de cette mission", explique Clément Lacombe. "Ses entreprises sont au service de son catholicisme, c'est pour ça qu'on voit des prêtres en soutane, des moines en tonsure, des messes en latin sur l'antenne de CNews, et pour lui c'est pas grave si tout ça ne fait pas vraiment d'audience", poursuit-il.

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Camille Vigogne Le Coat, également grand reporter au Nouvel Obs, ajoute que Vincent Bolloré vit sa religion "comme un catholicisme de combat, notamment contre l'immigration et contre l'islam" avec "cette vision d'une France catholique qui est en train de disparaître".

"Un faux reclus"

La coautrice de l'enquête estime que Vincent Bolloré est "une ombre", "un mystère", car "on parle de lui tout le temps, mais on ne le voit pas, on ne l'entend que très peu". Pourtant, le milliardaire est devenu incontournable dans le paysage politique français. "C'est un reclus, mais c'est un faux reclus vu que toute la classe politique à l'extrême droite, à droite mais aussi au centre, il y a beaucoup de ministres, Gérald Darmanin, Aurore Bergé, qui le voient régulièrement", souligne la journaliste. "C'est quelqu'un dont on cherche le soutien, on sait qu'il est capable d'imposer dans ses médias des couvertures, des grandes interviews en majesté", ajoute-t-elle.

Dans leur livre, les journalistes expliquent que Vincent Bolloré assiste à des réunions plusieurs fois par semaine pour fixer la ligne éditoriale et qu'il relit et revoit les unes de ses hebdomadaires. "Il se dit retraité, mais il sait tout, il voit tout, il lit tout et il commande absolument tout", affirme Clément Lacombe.

L'Institut de l'espérance

De plus, l'industriel a lancé son think tank, l'Institut de l'espérance, qui est "le socle de son projet politique", selon Clément Lacombe. "Lors de la première réunion de cet Institut de l'espérance, chaque convive a eu sur la table, sur son assiette, un petit fascicule" avec "une centaine de propositions très concrètes, des propositions politiques, qui pour certaines vont dans une ligne très libérale sur le plan économique, donc par exemple Vincent Bolloré prône la retraite à 67 ans, il veut la fin de ce qu'il appelle la culture de l'assistanat, et parallèlement, il y a beaucoup de mesures sur les plans sociétal, culturel, qui sont en ligne avec l'extrême droite ou certaines positions défendues par le Rassemblement National", détaille le journaliste.

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Et sa coautrice de préciser : "Ce petit fascicule a été distribué trois semaines après la commission d'enquête dans laquelle Vincent Bolloré a juré sous serment qu'il ne faisait pas de politique."