l'essentiel Neuf mois après le casse du Louvre, deux hommes soupçonnés d'avoir dérobé les bijoux royaux en octobre dernier ont avoué leur participation, tout en affirmant avoir agi pour le compte d'un mystérieux commanditaire dont ils refusent toujours de révéler l'identité par peur des représailles.

Près de neuf mois après le spectaculaire vol des joyaux de la Couronne dans la galerie d'Apollon du Louvre, deux des principaux suspects ont finalement choisi de sortir du silence. Entendus en juin par les juges d'instruction, Abdoulaye N., 40 ans, et Ghelamallah A., 36 ans, mis en examen pour vol en bande organisée, reconnaissent leur implication dans le cambriolage, tout en affirmant avoir agi pour le compte d'un mystérieux commanditaire dont ils refusent toujours de révéler l'identité par peur des représailles.

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D'après Le Monde et Le Parisien, les deux hommes assurent avoir été recrutés quelques jours avant le casse en échange d'une rémunération comprise entre "15 000 et 25 000 euros". Leur rôle consistait à "casser des fenêtres et récupérer des bijoux à l’intérieur des vitrines", confesse Abdoulaye N., engagé - semble-t-il - pour ses qualités de pilote.

Un commanditaire "pas content" ?

Les auditions mettent en lumière plusieurs contradictions, notamment sur la préparation du vol et la connaissance qu'auraient eue les suspects de leur objectif. Les deux pères de famille auraient même ignoré qu'ils s'apprêtaient à piller le plus grand musée de France. "Ils m’ont menti, ils m’ont pas dit que c’était le musée du Louvre. (...) La France m’a accueilli, je ne voulais pas faire ça, je ne pensais pas que c’étaient les affaires de la France", déclarera Ghelamallah A., dont les propos sont relayés par Le Parisien.

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L'une des principales zones d'ombre reste le devenir des huit pièces dérobées, parmi lesquelles figure le célèbre diadème de l'impératrice Eugénie. Abdoulaye N. affirme avoir remis l'ensemble du butin au fameux commanditaire slave dans un parking souterrain d'Aubervilliers, moins d'une heure après le vol. Des images de vidéosurveillance confirment la présence d'un individu manipulant plusieurs bijoux à cet endroit, souligne Le Monde. "Le commanditaire n’était pas content. Il pensait qu’on pouvait en prendre plus. On avait perdu du temps en rentrant par la fenêtre", avait soutenu le conducteur du deux-roues. Quoi qu'il en soit, les deux hommes ne savent pas ce qu'est devenu le butin aujourd'hui, mais l'un d'eux évoque tout de même la piste d'une prise en charge à l'étranger.

Mystère sur l'emplacement (et l'état) des bijoux

Sur l'identité du commanditaire présumé, en revanche, Abdoulaye N. et Ghelamallah A. restent muets. "J'ai une famille, j'ai des enfants. Si je parle, je suis mort", affirme l'un d'eux. Les enquêteurs, eux, prennent des pincettes concernant cette hypothèse. Aucune trace ni aucun échange numérique n’ont en effet été découverts à ce stade des investigations.

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De fait, l'énigme sur le casse du Louvre reste entière : les joyaux, estimés à près de 88 millions d'euros, pourraient aussi bien avoir été démontés à l'étranger qu'être toujours cachés en région parisienne.