Jérémy Doku a reçu des substances interdites figurant sur la liste des produits dopants pendant la Coupe du monde. Ce traitement était nécessaire pour guérir sa grave infection virale. La Fifa en était informée et avait donné son feu vert.

Ce dimanche, Doku a dévoilé dans une vidéo YouTube qu'il a été hospitalisé en urgence pendant la Coupe du monde. La nuit après le match contre l'Égypte, sa douleur était tellement insupportable qu'il a été transporté à l'hôpital de Seattle, où il a été admis aux urgences. "Après des examens approfondis, ils ont découvert que j'avais du liquide dans les poumons. Ils m'ont donné des pilules", dit Doku à ce sujet.

Communication compliquée, refus de traitement et une autorisation exceptionnelle: les raisons de la Coupe du monde ratée de Jérémy Doku

Dans sa vidéo, l'ailier de Manchester City ne dévoile pas de quelles pilules il s'agissait. En réalité, les comprimés contenaient de la cortisone. Seul problème : ces pilules figurent sur la liste des produits dopants interdits. Contrairement à une injection administrée environ cinq jours avant un match, la prise orale de cortisone entraîne systématiquement un contrôle antidopage positif.

Jeremy Doku | How Faith Carried Me Through The World Cup - YouTube thumbnail

Dans ce cas, il existe toutefois une procédure pendant un grand tournoi sportif qui permet malgré tout d'administrer de tels produits : il s'agit de l'AUT – l'Autorisation d'usage thérapeutique – qui nécessite des preuves cliniques claires et un diagnostic conforme aux standards de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Dans le cas de Doku, un contact a donc eu lieu avec le comité antidopage de la Fifa.

Qualifié ou pas contre l'Iran ?

En raison de l'administration de cortisone par voie orale, il n'est pas certain que Doku aurait pu jouer contre l'Iran. Il aurait fallu un nouvel accord des instances antidopage, vu que Doku aurait été testé positif en cas d'éventuel contrôle antidopage. Finalement, la question ne se posait pas, vu que Doku était encore trop malade pour jouer.

Au bout du compte, comme il le révèle dans sa vidéo YouTube, sa maladie est tombée à pic. Elle lui a permis de faire l'aller-retour à Londres pour assister à la naissance de son fils, Praise.

On a eu la confirmation que Jeremy Doku n'était pas en pleine possession de ses moyens

À son retour, l'infection virale était sous contrôle grâce à la cure de cortisone, mais on n'a jamais vu un Doku en pleine possession de ses moyens. C'est pourquoi il n'a joué que 53 minutes contre la Nouvelle-Zélande. Sa célèbre accélération n'était pas encore de retour. Il a ensuite été réserviste contre le Sénégal et contre les USA, avant de retrouver sa place de titulaire contre l'Espagne. Il s'est montré un rien meilleur dans le dernier match.

Une méforme plus que logique

Sur le plan médical, sa baisse totale de forme s'explique parfaitement. Un non-sportif de haut niveau serait incapable de fonctionner normalement pendant une semaine entière après une infection virale d'une telle gravité. Qui plus est, un traitement à la cortisone rend les muscles et tendons plus fragiles.

Dans ses conférences de presse, Rudi Garcia a pourtant minimisé la gravité de l'état de santé de Doku dans sa communication. C'était peut-être pour ne pas donner d'ailes à l'adversaire. Ou bien, il sous-estimait l'ampleur de la situation…

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