Céline Dion : cet hôtel du XVIe arrondissement, “un trois-étoiles sans prétention”, où elle a logé avec ses parents en arrivant à Paris
Avant les stades combles et les 200 millions de disques, il y a eu un trois-étoiles discret du XVIe arrondissement. C'est là que Céline Dion, ses parents et René Angélil ont posé leurs valises au début des années 1980, quand ils venaient rencontrer leur producteur parisien. Sa première attachée de presse française, Thérèse Zaydman, en a livré le récit.
Un hôtel modeste du XVIe qui ressemblait à la famille Dion
À son arrivée dans la capitale, la jeune Québécoise ne voyageait pas dans le luxe. Avec ses parents, Thérèse et Adhémar Dion, et son manager René Angélil, elle séjournait dans un établissement sans faste du XVIe arrondissement. Thérèse Zaydman se rappelle "un trois-étoiles sans prétention qui leur ressemblait". La famille, malgré les premiers succès de l'interprète au Canada, gardait en effet les pieds sur terre. "C'étaient des gens charmants, très simples", résume l'ancienne communicante, qui évoque une entente immédiate : "L'osmose était naturelle."
Ces séjours parisiens répondaient à un objectif précis. La chanteuse, ses parents et son imprésario venaient y retrouver le producteur et éditeur Claude Pascal ainsi que son attachée de presse, afin de préparer le lancement hexagonal. Car tout restait à bâtir : celle qui allait devenir une icône planétaire demeurait alors une parfaite inconnue pour le public français.
Les télés françaises frileuses, obsédées par ses dents
Si les radios ont vite soutenu la révélation canadienne (notamment Monique Le Marcis, à RTL), les télévisions se sont montrées bien plus réticentes. Ni Michel Drucker ni les frères Carpentier n'ont voulu, dans un premier temps, l'inviter sur leurs plateaux. C'est finalement une émission jeunesse, "Croque Vacances", qui lui a offert son premier passage télé à l'été 1982. Pour convaincre les grands rendez-vous du divertissement, Thérèse Zaydman a même dû demander à Eddy Marnay, son parolier, d'écrire une lettre.
Le motif de ces réticences ? Un détail physique, avant tout. "On me parlait toujours de ses dents !", s'agace encore l'attachée de presse. Ces dents ne pouvaient toutefois pas être refaites à l'adolescence, car elles correspondaient aux nerfs optiques ; la chanteuse n'a pu les modifier qu'une fois adulte. Pour son ancienne communicante, la protégée de René Angélil a bel et bien pâti d'"un snobisme parisien".
De l'Eurovision à Goldman : une carrière qui a filé sans elle
Côté style aussi, les débuts ont été laborieux. Thérèse Zaydman garde un souvenir mitigé du tailleur à carreaux et de la jupe plissée imposés par la mère de la chanteuse pour un passage chez Michel Drucker. Même lors de sa victoire à l'Eurovision 1988, à Dublin (remportée sous les couleurs de la Suisse avec "Ne partez pas sans moi"), la tenue n'était, à ses yeux, pas idéale.
La collaboration s'est arrêtée en 1988, après la signature de l'artiste chez CBS, futur Sony Music. Thérèse Zaydman a décliné la proposition de poursuivre en indépendante, lasse du showbiz. Elle a néanmoins regretté son choix en voyant arriver Jean-Jacques Goldman : "Goldman a été sa Fée Clochette." Le fil, lui, n'a jamais vraiment rompu. Adolescente, la diva québécoise lui avait confié : "Ma Thérèsounette, je serai une artiste internationale et je chanterai dans le monde entier." Une prophétie tenue, que retracera plus tard un film librement inspiré de son histoire. Aujourd'hui, l'ancienne attachée de presse n'a plus qu'une envie : "Je veux juste la serrer dans mes bras."