Margaux Corsaletti vient de décrocher la première place dans sa catégorie professionnelle (20-29 ans), avant de remporter également le World Team Championship avec l’équipe de France.

Originaire de Lyon, Margaux vit et travaille aujourd’hui à Menton, où elle exerce depuis un an et demi comme masseuse-kinésithérapeute. Mais derrière sa profession médicale se cache une passion née il y a près de deux décennies, au cœur de la Polynésie française. Margaux découvre la danse tahitienne alors qu’elle est encore enfant. En 2008, ses parents partent vivre à Tahiti avec elle et son frère. La famille y restera deux ans.

« Mes parents m’ont emmenée voir le Heiva i Tahiti. Un événement culturel qui met notamment en compétition des groupes de danse et de chants traditionnels polynésiens. Ça a été un véritable déclic  : j’ai su tout de suite que je voulais faire ça », raconte-t-elle.

Sans avoir d’origine tahitienne, Margaux se passionne immédiatement pour cette culture et cette discipline. Elle intègre alors le Conservatoire de la Polynésie française, où elle pratique la danse pendant un an. Depuis, la passion ne l’a plus quittée.

Concilier danse et vie professionnelle

Aujourd’hui, Margaux continue de s’entraîner principalement chez elle, en parallèle de son activité professionnelle. Elle donne également des cours de danse tahitienne à Nice et prochainement à Menton. Son rythme d’entraînement varie selon les échéances et les compétitions.

Le tunnel Molinari fermé ce mardi soir à Menton après la suspicion d’une fuite de gaz

« Je m’entraîne entre deux et cinq heures par semaine, voire plus lorsque les compétitions approchent », explique-t-elle. Un investissement qui lui permet de poursuivre son parcours dans une discipline exigeante, tout en conciliant danse et vie professionnelle.

Le rendez-vous majeur de cette année était le Heiva i Paris, organisé au théâtre Bobino, à Paris. Créé par Ken et Serena Carlter, ce concours international de danse tahitienne se déroule sur trois jours.

Les deux premières journées sont consacrées aux qualifications des troupes et des solistes, avant la grande finale « Overall », organisée le dimanche. La compétition distingue notamment les catégories amateurs et professionnelles, tandis que la finale réunit les danseuses toutes catégories confondues.

Cette année, Margaux Corsaletti a participé en soliste dans la catégorie professionnelle 20-29 ans. Elle s’est imposée à la première place de sa catégorie. Mais l’aventure ne s’est pas arrêtée là. Parmi plus de 120 solistes adultes inscrites, elle a été sélectionnée avec 15 autres danseuses pour participer à la grande finale « Overall ».

Cette édition du Heiva i Paris comportait également une nouveauté  : le World Team Championship. Le principe : réunir des solistes au sein d’équipes représentant différents pays. Margaux a ainsi eu la chance de représenter la France aux côtés de deux autres danseuses, Rachel et Cloé. Le parcours de l’équipe française les a conduites à affronter successivement l’Espagne, le Mexique, puis le Japon en finale.

« Une immense fierté »

Au terme de cette compétition, les trois danseuses françaises ont remporté le titre. « Pour ma première place en catégorie professionnelle, j’ai été vraiment surprise, car je ne m’y attendais pas particulièrement. Le niveau est toujours très élevé et chaque année, la compétition est très relevée », confie Margaux.

La victoire représente pour elle bien plus qu’un simple résultat sportif  : « J’ai ressenti énormément de joie et de fierté en découvrant le résultat. C’est une récompense pour toutes ces années de travail. » La victoire collective a, elle aussi, une saveur particulière.

« C’était une immense fierté de remporter ce titre, d’autant plus que j’ai eu la chance de pouvoir le partager avec les deux autres solistes de mon équipe. Et face au Japon, qui est une nation particulièrement redoutable dans la danse tahitienne, cette victoire en finale était vraiment incroyable. »

Margaux ne compte pas s’arrêter à ces succès. En 2024, elle a créé sa propre troupe, Hinapotea, qui est devenue professionnelle l’année suivante après avoir obtenu une place sur le podium au Heiva i Paris 2025. Son prochain objectif est déjà fixé  : renouveler l’expérience en troupe lors de la même compétition en 2027.

La danseuse mentonnaise nourrit également des ambitions à l’international. « Pour les compétitions en soliste, j’aimerais également tenter l’expérience aux États-Unis et pourquoi pas retourner concourir à Tahiti », explique-t-elle.

De Tahiti à Menton, en passant par Paris, Margaux Corsaletti poursuit ainsi un parcours singulier, porté depuis l’enfance par une passion née à l’autre bout du monde. Une passion qu’elle entend désormais transmettre et continuer à faire vivre sur la Côte d’Azur.