Cette entreprise pense avoir une solution pour sauver le Japon de la crise démographique: elle loge ses salariés dans des résidences ultra-modernes
Cette entreprise pense avoir une solution pour sauver le Japon de la crise démographique: elle loge ses salariés dans des résidences ultra-modernes
Publié aujourd'hui à 13h41
Lire dans l'appBasée dans la plus vieille région du Japon, l'entreprise TDK tente par tous les moyens de retenir ses jeunes employés. Le fournisseur d'Apple a même investi dans une résidence ultra-moderne pour convaincre ses talents de ne pas fuir vers les grandes villes.
Il y a de moins en moins de bébés en France. Mais ce n'est rien à côté du Japon. Le pays est l'un de ceux avec le taux de fécondité le plus faible et sa population ne cesse de prendre de l'âge sans que les naissances ne suivent.
La situation est particulièrement critique dans la région d'Akita, au nord du pays. Dans la province la plus vieille de l'île, où l'âge moyen atteint 54 ans, cinq personnes meurent pour une seule naissance. Alors, les entreprises se retrouvent en pénurie de main-d'oeuvre.
C'est le cas de TDK, fabricant iconique de cassettes devenu fournisseur de composants miniatures pour Apple. Installée dans le territoire pendant la Seconde Guerre mondiale pour industrialiser cette région reculée, la marque se porte bien au global. Mais son usine nordiste fait désormais face à un manque de travailleurs difficilement supportable.
"L’époque où Akita était riche et disposait de nombreuses ressources remonte à 150 ou 200 ans, a déclaré au Financial Times Hiroaki Wakaizumi, qui dirige Azuma Denka, un fournisseur de TDK. Le problème majeur aujourd’hui, c’est tout simplement le manque de population."
L'entreprise a donc pris le taureau par les cornes et choisi de construire un complexe résidentiel ultra-moderne, à 10 minutes en voiture de l'usine. Les salariés peuvent y louer de magnifiques chambres et profiter d'une salle de sport, d'une cantine et d'espaces de socialisation, avec des commerces en périphérie. Tout ce qui manque à Akita et qui encourage normalement la jeunesse à s'exiler vers Tokyo ou Osaka, en plus de salaires moins attrayants que dans les mégalopoles.
"L’idée était de bien concevoir l’aménagement du lieu, explique Yoshikazu Nakasugi, responsable du projet de résidence. Il est rare que des personnes de générations et d’âges différents se retrouvent au même endroit. Les échanges intergénérationnels constituent ici une véritable valeur ajoutée."
"La survie même de la ville compromise"
D'après l'entreprise, cela devrait retenir les jeunes qualifiés - deux tiers partent vers la capitale avant d'atteindre trois ans d'ancienneté -, tout en attirant des Japonais d'autres régions. Une mesure saluée par le maire de la ville, Takanobu Minato.
"Enrayer ce déclin démographique par diverses mesures est un enjeu crucial. Si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, la survie même de la ville sera compromise."
Une autre solution aurait pu être de faire appel à une immigration de travailleurs. Yamaha ou Suzuki, géants de l'industrie, s'y sont résolus. Mais à Akita, région enclavée et traditionnellement conservatrice, TDK préfère ne garder que des Japonais. Et ce alors que le gouverneur a appelé à "la tolérance" et admis un "retard" dans l'accueil d'ouvriers étrangers. Face au déclin démographique, le reste du Japon emploie plus de 2,5 millions de travailleurs immigrés, soit environ 3% des salariés du pays.
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