Publié le 22/08/2026 - 14:09 UTC+2

Cette semaine, le Maroc a de nouveau placé Ceuta et Melilla au cœur de ses revendications territoriales. Vendredi, le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a défendu les droits « historiques et géographiques » de son pays sur ces deux villes autonomes et a proposé la mise en place d'un mécanisme de dialogue avec l'Espagne pour aborder la question de leur avenir.

Le gouvernement de Pedro Sánchez a réagi rapidement. Des sources au sein du ministère des Affaires étrangères ont indiqué que l'Espagne avait fait part au Maroc de son « rejet catégorique » de ces revendications, réaffirmant que Ceuta et Melilla relèvent de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Espagne et, par conséquent, du territoire de l'Union européenne.

Ouahbi a exposé la position du Maroc lors d'un entretien avec la chaîne de télévision publique « 2M ». Le ministre a soutenu que Rabat n'avait aucune intention de renoncer à ses revendications et a fait valoir que cette question devait continuer à faire partie intégrante des relations avec l'Espagne.

Le ministre de la Justice a proposé la création d'un mécanisme bilatéral pour discuter de l'avenir des deux villes et rechercher ce qu'il a qualifié de « solution définitive ». Selon sa proposition, un tel processus aboutirait à l'intégration de Ceuta et Melilla au Maroc.

Le Maroc réitère ses revendications en pleine crise à Ceuta

Ces déclarations interviennent dans le contexte d'une crise migratoire à Ceuta, après que des dizaines de milliers de personnes ont pénétré dans la ville depuis le Maroc fin juillet, saturant les capacités d'accueil et causant la mort de dizaines de personnes.

Depuis le début de cette crise migratoire, ce n'est pas la première fois que Ouahbi conteste la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla. Le 12 août, il avait déjà affirmé que le Maroc continuait de revendiquer ces deux villes et que la question restait « sur la table » dans ses échanges avec l'Espagne.

Les aspirations territoriales du Maroc concernant Ceuta et Melilla ne sont pas nouvelles non plus. Rabat les maintient depuis son indépendance en 1956, tandis que l'Espagne a systématiquement rejeté toute remise en cause de sa souveraineté.