Chalon-sur-Saône. 350 km à vélo contre le cancer : le défi de deux Dijonnais marqués par la maladie
350 kilomètres en quatre jours. C’est le défi que se sont lancé David Decombard, 50 ans, chauffeur routier à Dijon, et Jean Savi, 73 ans, retraité du transport, également Dijonnais. Ils sont partis le jour de la rentrée des classes, mardi 1er septembre.
Avec leur association, Dépendances 21 Loisirs, les deux hommes organisent des activités (des défis sportifs, des lotos, des vide-greniers…) qu’ils mettent au service de causes qui leur tiennent à cœur. « Nous avions mis en place des activités pour le Téléthon », se souvient David Decombard, président de l’association. « Depuis cinq ans, nous le faisons désormais pour le cancer. Nous connaissons tous, dans notre entourage ou notre famille, des personnes atteintes. »
« Le cancer, ça peut toucher tout le monde »
Jean Savi ne peut qu’acquiescer. « Le cancer, ça peut toucher tout le monde, rappelle-t-il. Cette maladie a emporté mon fils à l’âge de 46 ans et ma femme à 58 ans. »
Avec une moyenne d’une centaine de kilomètres par jour, les deux cyclistes parcourent les routes avec tout leur matériel pour camper. « Une année, nous avions pesé nos vélos et nos sacoches. Ça pèse environ 40 kilos », racontent-ils.
Au départ d’Auxerre, ils étaient trois. Mais leur compagnon de route, Didier Lebrun, a été contraint d’abandonner après que sa roue arrière s’est voilée.
« C’est le pire qui nous soit arrivé, s’exclament-ils. Nous avions déjà eu des crevaisons. Une fois, une chaîne cassée. Mais jamais cela. »
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Jean Savi, 73 ans, retraité du transport, a perdu son fils d’un cancer à 46 ans et sa femme à 58 ans. Photo Nicolas Desroches
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David Decombard et Jean Savi se sont lancé dans un défi vélo relayant Auxerre à Dijon en passant par Chalon-sur-Saône, pour sensibiliser le grand public à la lutte contre le cancer et récolter des fonds. Photo Nicolas Desroches
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David Decombard et Jean Savi se sont lancé dans un défi vélo relayant Auxerre à Dijon en passant par Chalon-sur-Saône, pour sensibiliser le grand public à la lutte contre le cancer et récolter des fonds. Photo Nicolas Desroches
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En parcourant leurs 350 kilomètres, un des trois cyclistes a été contraint d’abandonner car sa roue s’est voilée. Photo Nicolas Desroches
À l’exception de cette année où ils sont partis d’Auxerre, les deux hommes ont toujours pris le départ de Dijon pour rejoindre différentes villes comme Lyon, Avignon ou Nancy. Et sans GPS. « Même quand il nous arrive de nous perdre, des gens sont toujours là pour nous indiquer la route. »
Avec leur tee-shirt rose floqué “Défi vélo”, ils ne passent pas inaperçus. Sur leur chemin, les passants les interrogent régulièrement sur leur périple. « Derrière cette aventure sportive, nous voulons sensibiliser le grand public à la lutte contre le cancer et récolter des fonds pour Épione Santé intégrative », expliquent-ils. L’association accompagne notamment les patients de l’Institut de cancérologie de Bourgogne (ICB).
Plus de 50 000 euros récoltés
Depuis qu’ils ont décidé de se mobiliser pour le cancer, leurs défis à vélo ont permis de récolter plus de 50 000 euros. Une somme destinée notamment aux centres de l’ICB d’Auxerre, Chalon-sur-Saône et Dijon, ainsi qu’au Centre régional de lutte contre le cancer Georges-François-Leclerc, à Dijon. « L’argent est surtout utilisé pour améliorer le confort et la qualité de vie des patients, mais aussi pour la recherche », précisent les deux cyclistes.
Pour leur dernier périple, vendredi 4 septembre, David Decombard et Jean Savi ont été accompagnés par le Dr Caroline Azelie, radiothérapeute à l’ICB de Chalon-sur-Saône et de Dijon, pour relier justement ces deux villes.
Une radiothérapeute enfourche son vélo pour soutenir les patients atteints de cancer
Ce vendredi 4 septembre, le Dr Caroline Azelie, radiothérapeute à l’Institut de cancérologie de Bourgogne, à Chalon-sur-Saône et Dijon, a décidé de parcourir les derniers kilomètres du défi à vélo aux côtés de David Decombard et Jean Savi. « C’était important pour moi de le faire, même si je ne suis pas une grande cycliste », avoue-t-elle. « J’ai emprunté un vélo de course pour l’occasion. »
« Tout ce qui n’est pas médical, mais qui contribue à leur bien-être »
La radiothérapeute rappelle que « le fonds Épione Santé Intégrative permet de financer des soins de support ». « Autrement dit, avec cet argent, nous pouvons proposer aux patients des activités de sport adapté après leur cancer, des séances avec une psychologue, une aide sociale dans leurs démarches, mais aussi, plus largement, les accompagner dans leur réinsertion professionnelle… C’est tout ce qui n’est pas médical, mais qui contribue à leur bien-être au quotidien. Et c’est essentiel. »