Chine: la croissance en dessous des prévisions témoigne d'une transformation profonde de l'économie
Jamais la croissance chinoise n'aura été aussi faible depuis la pandémie de Covid-19. Le Bureau national des statistiques de Chine a publié mercredi 15 juillet ses résultats pour le deuxième trimestre. Le bilan est très mitigé avec seulement 4,3 % de croissance, loin des 5 % attendus. Un chiffre qui ferait rêver en Europe, mais qui révèle, pour le géant asiatique, une transformation profonde de son modèle économique.
Publié le : 16/07/2026 - 13:27
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Le produit intérieur brut de la deuxième économie mondiale a progressé de 4,3 % sur un an en avril-juin, a indiqué mercredi 15 juillet le Bureau national des statistiques. Il s'agit d'un net essoufflement après une croissance de 5 % au premier trimestre et sa plus faible performance depuis le dernier trimestre 2022. Pékin s'est fixé l'objectif d'une croissance annuelle de 4,5 % à 5 %.
La Chine, qui a fait des exportations un pilier de son modèle économique, dépend essentiellement du commerce extérieur pour sa croissance, à l'heure où un marasme prolongé de son secteur immobilier et une faible consommation continuent de peser. Toutefois, les tensions liées au conflit entre États-Unis et Iran ont menacé cette dynamique en entravant le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, faisant flamber les cours du pétrole – au risque de gripper les chaînes industrielles mondiales et de pénaliser la demande pour les produits chinois.
Les gouvernements locaux pointés du doigt
Si ces exportations se portent bien, la consommation intérieure et les investissements sur le territoire chinois accusent le coup. Ce sont les gouvernements locaux qui sont montrés du doigt par les économistes et derrière eux, la crise de l'immobilier que traverse la Chine. Pendant plus de 20 ans, l'accès à un logement pour des centaines de millions d'habitants a représenté un moteur essentiel de l'économie chinoise.
La clef de voûte du système est que les gouvernements locaux vendaient des terrains aux promoteurs. Les chantiers engendraient de la croissance et les recettes générées permettaient d'investir dans des infrastructures comme des routes, des ponts ou des chemins de fer, qui rendaient à leur tour de nouvelles zones constructibles.
Mais à trop bâtir, les prix de l'immobilier ont fini par baisser et la valeur du patrimoine des ménages aussi. À cela s'ajoute l'incertitude économique mondiale. Les Chinois, prudents, deviennent davantage fourmis que cigales et préfèrent épargner.
Pour tenter de juguler la baisse de la croissance, le gouvernement central entend changer son fusil d'épaule. Plus que sur l'immobilier, c'est désormais sur la haute technologie et des emplois plus qualifiés que Pékin mise pour relancer sa croissance et sa consommation intérieure.
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