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Le « plus important investissement dans l’énergie propre de l’histoire de l’Amérique du Nord » : voilà comment le premier ministre du Canada, Mark Carney, a qualifié l'entente-cadre visant à augmenter la capacité de production en électricité de Churchill Falls.

C’est quelque chose de la même envergure que la Baie-James, a pour sa part affirmé la première ministre du Québec, Christine Fréchette, lors d'un point de presse à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Avec Hydro-Québec et Newfoundland and Labrador Hydro, nous allons investir 60 milliards de dollars pour doubler la production énergétique à Terre-Neuve-et-Labrador, a affirmé Mme Fréchette, qui était aux côtés du premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, et de Mark Carney.

Le gouvernement fédéral, de son côté, injectera autour de 10 milliards de dollars dans ce grand chantier énergétique d'une valeur totale qui pourrait avoisiner les 70 milliards de dollars.

Tony Wakeham et Christine Fréchette.

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a pris la parole aux côtés de son homologue de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Grâce à la nouvelle entente-cadre, le Québec aura accès à environ 10 000 mégawatts (MW) d’électricité en provenance de la province voisine, plutôt que les quelque 7200 MW que prévoyait l’entente précédente, signée en 2024.

Hydro-Québec achètera l'électricité au prix moyen de 6,2 ¢/kWh, a précisé Mme Fréchette. Il s'agit d'un prix nettement inférieur aux autres sources d'énergie renouvelable, s'est-elle félicitée.

Terre-Neuve-et-Labrador obtiendra également une plus grande quantité d’électricité que ce qui était anticipé : près de 2500 MW, plutôt que 1900 MW.

Pour y arriver, Newfoundland and Labrador Hydro et Hydro-Québec augmenteront la capacité de production des installations de Churchill Falls. Les deux organisations développeront également une centrale plus puissante que prévu à Gull Island.

Un projet d'éoliennes et la construction d'un nouveau barrage sur la rivière Churchill sont également dans les cartons.

À terme, le projet, s'il se concrétise, pourrait produire jusqu'à 14 000 MW d'électricité.

Une question de sécurité énergétique

Pour le Québec, l’ajout de 10 000 MW représentera une augmentation de 27 % de toute sa capacité de production.

C’est assez d’électricité pour alimenter jusqu’à trois millions de foyers. C’est énorme, a souligné Mme Fréchette.

Elle a ajouté que l'entente de Churchill Falls allait permettre au Québec d'assurer sa sécurité énergétique pour les 50 prochaines années.

Hydro-Québec et Newfoundland and Labrador Hydro négocient depuis un certain temps cet accord visant à partager l'énergie produite sur le fleuve Churchill, au Labrador.

Les deux sociétés d'État sont copropriétaires de la centrale de Churchill Falls, en vertu d’un contrat signé en 1969 qui doit expirer en 2041.

Les provinces avaient dévoilé en 2024 un accord-cadre visant à mettre fin à l’entente de 1969 et à établir un nouvel arrangement pour le partage de l’énergie et l’augmentation de la capacité de production du fleuve Churchill.

Selon Mme Fréchette, il était prioritaire pour le Québec de s'entendre rapidement avec son voisin, en prévision de 2041, puisqu'une centrale hydroélectrique pourrait prendre jusqu'à 15 ans à être construite.

En point de presse, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a lui aussi vanté cette nouvelle entente avec le Québec.

Nous tournons la page sur un des chapitres les plus sombres de notre histoire, a lancé Tony Wakeham, en référence à l'entente de 1969. Pour lui, la nouvelle entente est gagnante pour toutes les parties.

Avec les informations de La Presse canadienne