Cinéma. Festival du film arabe de Fameck : « Donner une place centrale aux femmes »
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Festival du film arabe de Fameck : « Donner une place centrale aux femmes »
Le 37e Festival du film arabe de Fameck se déroulera du 1er au 11 octobre. Les séances auront lieu dans toute la Lorraine. Ce festival, unique en France par son thème, invite cette année le Soudan. Il fait la part belle aux réalisatrices, dans une démarche volontairement militante.
Le Républicain Lorrain -
Aujourd’hui à 19:30 | mis à jour aujourd’hui à 19:43
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« Nous assistons à une nouvelle vague dans le cinéma arabe, avec une génération de réalisatrices », savoure Blandine Besse. La programmatrice du Festival du film arabe de Fameck sait de quoi elle parle. Depuis des mois, avec son équipe, elle visionne des films en provenance de toute la sphère du Proche au Moyen-Orient, de réalisateurs arabes ou dont les œuvres se plongent dans cette réalité, dans cette actualité. C’est le cœur du festival : donner à voir de nouvelles voix, issues de pays où le cinéma est souvent sans moyens, sans circuit de diffusion. C’est le cas pour le Soudan, invité cette année pour la 37e édition. Toute une génération d’auteurs, d’autrices, y donne de la voix. Mais dans ce pays en guerre civile, les conditions de tournage sont impossibles. « C’est un cinéma censuré depuis trente ans, qui se tourne en exil, qui n’existe que par la diaspora », résume Blandine Besse. Sur les douze courts-métrages présentés cette année, six viennent de réalisateurs et réalisatrices du Soudan. Et sur les quarante longs-métrages, trois : Goodbye Julia de Mohamed Kordofani, Talking About Trees de Suhaib Gasmelbari et Cotton Queen de Suzannah Mirghani. Sur les quarante-deux cinéastes, seize sont des femmes. « On a voulu donner une place centrale aux femmes. »
Au total, les cinéphiles auront le choix entre 82 séances, à travers toute la Lorraine. Le festival s’exporte de Longwy à Nancy, via Dieuze et Sarreguemines (quatorze projections rien que dans cette ville). Seul sur ce thème, le festival de cinéma est devenu une référence. Il a attiré 14 000 personnes l’an dernier. Il y a dans les choix des films deux tendances. D’un côté, la fibre grand public. On trouvera dans la sélection deux comédies, dont Première Ligne de Merzak Allouache.
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« Un cinéma qui résiste, qui répare »
L’équipe du festival a retenu des films « très universels », « qui offrent un panorama sensible de la diversité du monde arabe aujourd’hui ». On y aborde la transidentité, la mémoire, la maladie mentale, le patriarcat, l’exil. De l’autre, s’élève un sentiment « d’urgence », selon Brigitte Vaïsse, la présidente du festival. « Regardez en Afghanistan, au Soudan. C’est vrai qu’aujourd’hui, on peut faire disparaître une culture. Les cinéastes font en sorte que le traumatisme des victimes devienne des récits pour sauvegarder la mémoire. On propose un cinéma qui résiste, qui répare. »
D’où des films sur la Palestine, le Yémen, l’Iran, le Liban. Brigitte Vaïsse le reconnaît : « Notre festival est un peu militant… » L’invité d’honneur sera Rachid Benzine, dramaturge, romancier et essayiste. Il présidera le jury du Grand Prix.