Comment l'Europe peut-elle être plus forte ?
Nicolas Poincaré fait un point sur L'Europe et ses futures évolutions.
Le conseil européen se réunit aujourd’hui à Bruxelles. Avec au programme des discussions : comment l'Europe peut-elle être plus forte.
La question ne s’est jamais autant posée. Comment l’Europe peut être plus forte pour résister aux menaces Russes, à l’abandon américain, à l'agressivité commerciale chinoise. Et une question annexe se pose.
Est ce que pour être plus forte, l'Europe devrait être plus grande ? Ça tombe bien parce que la question de l’élargissement est justement à l’agenda aujourd’hui.
En réalité l’Europe n’a cessé de s'agrandir, elle est née à 6, puis on a eu l'Europe des 9, des 12, des 15, des 25, des 28 et on est redescendu à 27 avec le départ des britanniques.
Cette semaine, des progrès ont été faits dans les négociations en vue de l’adhésion de quatre nouveaux pays. Le Monténégro, l'Albanie, l'Ukraine et la Moldavie.
La France et l’Allemagne défendent que l’on devrait séparer les dossiers et non plus examiner les candidatures par bloc. Ce qui veut dire que le dossier du Monténégro viendrait sur la table avant celui de l’Albanie et de la Serbie. Et le Monténégro, voisin de la Croatie, pourrait ainsi devenir le 28eme état membre possiblement dès 2028.
Combien de pays au total sont candidats pour rejoindre l'Europe ?
Une dizaine, dont la moitié sont dans les Balkans, la Serbie, la Bosnie Herzégovine, la Macédoine du nord, le Monténégro, l’Albanie. Plus le Kosovo qui est candidat sans en avoir encore le statut.
Mais deux grands pays sortent du lot, parce qu’ils ont des histoires particulières et qu’ils présentent des enjeux beaucoup plus importants.
Le premier c’est l’Ukraine. L'Ukraine a demandé à adhérer à l’Union Européenne le 28 février 2022, c'est-à-dire quatre jours seulement après l’invasion Russe. C'était donc le premier réflexe du président Zelinsky : se placer sous la protection de l’Europe. A l’époque plusieurs pays européens ont plaidé pour une adhésion express qui aurait pu changer le cours de la guerre. C’est ce que défendait la Pologne et les pays Baltes.
Mais d’autres dont la France et l’Allemagne ont refusé et on a donc appliqué à l’Ukraine les règles normales. C’est-à-dire un processus extrêmement long, extrêmement bureaucratique, ou l’on ouvre des négociations chapitres par chapitres. Et on en est là. Processus en cours qui devrait encore durer plusieurs années. Si l’Ukraine entrait dans l'Europe, elle en deviendrait le plus grand pays devant la France et largement la première agriculture. Mais ce serait surtout un casus belli avec la Russie. C’est pour cela qu’il est urgent d’attendre.
L’autre grand pays dont l'adhésion fait débat, c’est la Turquie.
La Turquie est candidate depuis 1999. Les négociations sont en cours depuis 20 ans, mais elles n’avancent plus depuis bientôt 10 ans. En réalité, l'Europe ne veut plus de la Turquie, surtout depuis l'arrivée au pouvoir de l'autocrate président Erdogan. Et la Turquie, vexée, ne veut plus de l’Europe. Seulement personne n’ose le dire, alors ont fait semblant de discuter.
Si, contre toute attente la Turquie devait finir par rejoindre l’union, ce serait le pays le plus peuplé avec 86 millions d’habitants. Et l'Europe aurait une frontière commune avec l’Iran. Ça a très peu de chances d’arriver.
Aujourd’hui à Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 vont donc faire le point sur ces projets d'élargissement. Ils vont discuter d’un projet d'adhésion à l’essai, qui permettrait de faire rentrer un pays mais de le rejeter ensuite s’il ne respecte pas les règles. Tout cela est très technique et tout cela ne permet pas de répondre à la question : est-ce que l’Europe serait plus forte en étant plus grande ? ou au contraire serait-elle plus faible en étant l'Europe des 40 ?
Passionnante question dont on n’a pas la réponse…