Plus de 3 000 personnes sont toujours portées disparues dimanche à la suite des crues soudaines et des glissements de terrain ayant frappé à la frontière entre le Népal et le territoire chinois du Tibet. Ces catastrophes survenues mercredi matin ont fait 750 morts, selon les données officielles.

Le dernier bilan humain

Au Népal, le nombre de disparus a été revu légèrement à la hausse dimanche par l’autorité népalaise en charge des situations d’urgence, à 2 498. L’autorité a également établi à 734 le nombre de morts. Côté chinois, le bilan a été porté dimanche matin à 16 morts et 546 disparus, a rapporté la chaîne de télévision d’État CCTV. Au total, le nombre des disparus s’élève donc dimanche à au moins 3044, pour 750 morts.

Parmi les disparus, on était toujours sans nouvelles de 589 étrangers, a précisé l’autorité népalaise en charge des situations d’urgence. Dimanche, les autorités chinoises ont chiffré de leur côté à 261 le nombre des étrangers portés disparus au Tibet. Cela porte le nombre total des étrangers avec lesquels aucun contact n’a pu être établi à au moins 850.

Les quatre Français portés disparus là-bas restent pour l’heure introuvables. Il s’agit de trois femmes entre 35 et 47 ans et d’un homme de 56 ans.

Pluie et montée des eaux

Selon le gouvernement népalais, plus de 100 ouvriers pourraient être encore en vie dans des tunnels de chantiers de barrage hydroélectrique, les opérations se concentrant sur les sites Trishuli 3A et 3B.

Sur le site de Trishuli 3A, les équipes de secours de l’armée avaient réussi samedi soir à percer un passage vers la partie supérieure d’un tunnel envahi par la boue. Mais « de fortes pluies après 2h00 (20h15 GMT) ont entraîné une montée des eaux de la rivière et ont inondé la zone de recherche », a indiqué l’armée népalaise dimanche matin, au cinquième jour des opérations.

Trishuli au Népal.
Trishuli au Népal. - AFP

Le Népal a aussi appelé dimanche les équipes de sauvetage à la « prudence » en raison d’une nouvelle montée des eaux. « Nous avons reçu des informations selon lesquelles le débit de crue de la rivière Bhotekoshi, dans le district de Rasuwa, a encore augmenté », a indiqué l’Autorité nationale pour la réduction et la gestion des risques de catastrophe (NDRRMA).

Formation d’un nouveau lac en Chine

Les secouristes chinois intervenant au Tibet ont été « déplacés vers un lieu sûr » dimanche après la formation d’un nouveau lac provoqué par un glissement de terrain, ont rapporté les médias d’État.

« Dans la soirée du 29 août, des drones de surveillance déployés dans la zone ont détecté un glissement de terrain sur un versant de montagne, à 2,8 kilomètres en aval du lac de barrage Purepuqiang Tsangpo », a indiqué la chaîne publique, faisant référence à un lac qui, les jours précédents, avait menacé les opérations de secours. « Le glissement de terrain a créé un nouveau barrage et un nouveau lac de barrage est en train de se former », a précisé la CCTV.

Les causes du désastre

Selon l’agence officielle Chine nouvelle, les experts « ont conclu qu’à environ 10h52 (2h52 GMT) le 26 août, un glacier situé sur le versant sud du pic Lirung au Népal » s’était fracturé, déclenchant une avalanche de glace et de roches qui a déferlé.

Cette masse a chuté de plus de 1 000 mètres d’altitude et formé un gigantesque éboulement de débris qui ont déferlé ensuite à grande vitesse sur 22 km avant d’atteindre la zone du poste-frontière chinois de Gyriong.

« Le réchauffement climatique provoqué par la combustion par l’humanité de quantités colossales de charbon, de pétrole et de gaz, rend des tragédies comme celle-ci, et tant d’autres à travers le monde, beaucoup plus probables, fréquentes et graves », a alerté Simon Stiell, responsable de l’ONU Climat, dans un communiqué.