Dorine Lognon a récemment accueilli trois poulains âgés de trois ans destinés à l’abattoir. Découverts sur une annonce Facebook, ils étaient au départ 10. « Par manque de place, je n’ai pu en sauver que trois. »

Ce n’est pas la première fois que la jeune femme recueille de jeunes chevaux. En effet, en juillet dernier, elle avait déjà récupéré trois pouliches selon elle maltraitées, âgées d’un an, mises en vente par leurs propriétaires. Comment s’occuper dès lors d’animaux pour qui le contact humain revêt un aspect négatif ?

Garder dans les boxes avant d’aller au pré

Dès leur arrivée au centre équestre, les équidés sont placés dans des boxes. Ils y restent deux à trois semaines, le temps de s’acclimater à leur nouvel environnement. « Il faut dire qu’avec les cours que je donne, il y a souvent beaucoup de monde dans les écuries, ça leur permet de s’habituer à la présence et au contact avec les humains », explique Dorine, qui tente de les approcher une première fois sans les toucher. Apeurés, ils tentent de s’écarter. Lorsqu’ils seront plus à l’aise, ils poursuivront leur croissance au pré.

Les apprivoiser avant de les vendre… ou de les garder

Viendra ensuite le moment de leur mettre licol et longe avant d’entamer le véritable travail d’apprentissage. Une fois toutes ces étapes terminées, ils pourront être remis en vente pour des propriétaires qui souhaitent les monter, ou seront gardés par Dorine Lognon pour remplacer ses bêtes vieillissantes. Si les poulains n’en sont encore qu’à l’étape du box, les pouliches ont quant à elles atteint l’étape du pré.

Adam, jeune autiste habitant de Tournus, adore faire des promenades à dos de poney.  Photo Chloé Riste

Une pratique qui a beaucoup évolué

La pratique de l’équitation a beaucoup évolué au fil des millénaires, passant d’un usage militaire et utilitaire à une activité sportive, artistique et de loisir. De ce fait, l’approche des chevaux et par conséquent du métier n’est plus tout à fait la même. « À l’époque, le cheval était un outil de travail et pas un partenaire. Les cavaliers étaient beaucoup moins à l’écoute de leurs animaux », décrit Dorine Lognon.

Le bien-être de l’animal comme du cavalier est aujourd’hui primordial. Et si cela reste important, la monitrice le confesse, « c’est parfois trop. Les réseaux sociaux font notamment beaucoup de mal, certaines personnes qui se disent coach véhiculent de mauvaises images, dévoilent de mauvaises habitudes. »

« On apprend à travailler avec un cheval »

Cette transition de l’équitation vers une activité de loisir permet l’arrivée de nouvelles disciplines comme le Trec pour “Techniques de randonnée équestre de compétition”, l’équifun, l’équifeel, la voltige, etc., qui nécessitent une certaine symbiose entre le cavalier et sa monture. « Aujourd’hui, plus que l’équitation, on apprend surtout à travailler avec un cheval. On apprend à accepter son caractère et qu’on ne peut pas tout maîtriser. »

Les bienfaits émotionnels et psychologiques que procure le contact avec l’animal deviennent de plus en plus évidents. Apaisement du stress, régulation des émotions, gestion de la peur, etc., sont constatés. L’équithérapie et la médiation animale apportent beaucoup, notamment aux personnes âgées, tout-petits, adultes et enfants en situation de handicap.

C. R.