Double champion du monde, vainqueur de classiques dont le Monument Milan-Sanremo, étincelant lors du Tour de France 2019, Julian Alaphilippe, qui a annoncé sa retraite vendredi 21 août, a marqué le cyclisme français par ses qualités de puncheur et sa popularité auprès du public.

Il était le dernier à ne pas avoir rangé son vélo. Après Thibaut Pinot en 2023 et Romain Bardet en 2025, « Alaf » a fini, à 34 ans, par imiter ceux avec qui il a formé le trio adoré du cyclisme tricolore au cours de la dernière décennie.

Son intelligence de course, sa combativité et son panache ont permis à cet ancien coureur de cyclo-cross, au petit gabarit d’1,73 m pour 62 kg, de se forger un riche palmarès. Sa carrière culmine entre 2018 et 2021. En quatre saisons, le Français de la Quick Step s’offre une razzia dans les classiques : une Clasica San Sebastian (2018) trois Flèches Wallonnes (2018, 2019, 2021), un Monument avec Milan Sanremo (2019), les Strade Bianche (2019) et surtout deux titres mondiaux en 2020 à Imola et l’année suivante à Louvain.

Cinquième du Tour

Sa plus belle année est sans conteste 2019, où il brille également sur le Tour de France. En jaune pendant quatorze jours, vainqueur de deux étapes, le natif de Saint-Amand-Montrond (Cher, centre de la France) termine à la 5e place du général sur les Champs-Élysées après avoir enchanté le public français.

Au total, Alaphilippe a remporté six étapes de la Grande Boucle, dont il a porté le maillot jaune à 18 reprises et fini meilleur grimpeur en 2018.

Il compte également une victoire d’étape sur le Giro (2024) et la Vuelta (2017). Mais aux années de succès succèdent celles de galère, marquées notamment par des chutes. Comme aux Strade Bianche en 2022, et surtout la même année lors de Liège-Bastogne-Liège. Tombé à 80 km/h, le bilan est très lourd : pneumothorax, deux côtes cassées et une fracture à une omoplate. Il ne sera pas retenu pour le Tour de France.

Chutes en série

L’ancien numéro 1 mondial n’en a pas terminé avec les chutes. Quelques mois plus tard, lors de la Vuelta, il est victime d’une luxation de l’épaule et abandonne. L’année suivante ne lui redonne guère le sourire et il essuie même des critiques de son manager Patrick Lefevere en raison de son manque de résultats.

En 2024, sa victoire d’étape et le prix de la combativité sur le Giro apparaissent comme une éclaircie avant une nouvelle blessure à l’épaule lors d’une chute aux Mondiaux.

L’année suivante, le Français s’engage pour trois ans avec la jeune et plus modeste formation suisse Tudor. Il s’offre une victoire dans le Grand Prix cycliste de Québec. Mais loin de ses grandes années, Alaphilippe vit en 2026 une dernière Grande Boucle difficile.

« Il n’y a rien d’officiel, mais il ne faut pas s’attendre à me revoir », lâche-t-il après l’avant-dernière étape de cette 113e édition, qu’il achève à une anonyme 125e place.

Un dernier Tour et puis s'en va. Le Français, qui a de nouveau pu mesurer la popularité qui était toujours la sienne sur le bord des routes de France, a décidé de raccrocher après 13 ans de carrière chez les professionnels. Celui qui partage depuis 2020 la vie de l’ex-cycliste professionnelle et consultante pour France Télévisions Marion Rousse, également directrice du Tour de France femmes, va pouvoir notamment se consacrer pleinement à son fils Nino, né en 2021.