Dans l’arctique, l’Otan déjoue un sabotage russe de câbles sous-marins stratégiques
La Russie a-t-elle tenté de détruire des câbles sous-marins stratégiques dans l’Arctique, en avril dernier ? L’agence Reuters révèle ce 11 septembre les détails d’une confrontation en mer, près de l’archipel du Svalbard, qui aurait permis de mettre en fuite un sous-marin russe au moment où il s’en prenait à des installations critiques.
L’incident s’est produit en avril dernier. D’après les révélations de l’agence de presse britannique, ce sous-marin testait une nouvelle arme secrète, destinée à saboter les câbles sous-marins sans laisser de traces. L’arrivée sur place de navires militaires norvégiens, britanniques et américains a mis fin à la tentative. Le sous-marin russe qui a dû quitter les lieux avant d’avoir coupé les câbles.
Un message envoyé à la Russie
L’incident avait déjà été rendu public en avril par la marine norvégienne. Mais la véritable mission du sous-marin russe n’avait pas été dévoilée à l’époque, ni l’implication des États-Unis. « Grâce à notre opération conjointe, nous avons envoyé un message clair à la Russie : elle ne peut pas opérer dans la clandestinité », a indiqué cette fois le ministre norvégien de la défense Tore Sandvik dans un communiqué, confirmant les révélations de Reuters.
« Nous avons fait comprendre sans ambiguïté aux autorités russes que toute tentative de cibler nos infrastructures critiques serait détectée et aurait des conséquences », a-t-il ajouté.
L’archipel norvégien du Svalbard se situe dans une zone où la Russie et les pays de l’Otan se retrouvent régulièrement face à face. L’archipel est en effet dans l’océan Arctique, à mi-chemin de la Russie et du Groenland. Il appartient à la Norvège et il est relié au continent par deux câbles sous-marins d’une longueur de 1 800 km, reposant à plus de 2700 m de fond. Ils ont une importance stratégique, notamment car l’archipel abrite une importante station de contrôle de satellites.
La tentative de sabotage aurait été conduite par la « Direction principale de la recherche en eau profonde » connue sous l’acronyme Gugi (Glavnoye Upravleniye Glubokovodnykh Issledovaniy). Basée à Mourmansk, cette unité dépend du ministère de la défense russe.
Elle a été créée au temps de la guerre froide et a des activités de renseignement. Elle dispose de plusieurs navires espions dressant une cartographie des fonds marins. Ils enregistrent le trajet des principaux gazoducs et câbles sous-marins par lesquels transite 90 % du trafic d’Internet.
Russes et chinois pointés du doigt
Depuis le début de la guerre en Ukraine, des navires russes et chinois ont été plusieurs fois accusés de saboter des câbles essentiels. En novembre 2024, deux câbles de télécommunications sous-marins, l’un reliant la Finlande à l’Allemagne, l’autre entre la Lituanie et la Suède, avaient ainsi été endommagés simultanément. Les soupçons se sont portés sur un navire chinois, le Yi Peng 3.
Peu après cet incident au Svalbard, des responsables britanniques et norvégiens se sont rendus à Moscou pour présenter les preuves de cette attaque et dissuader la Russie de faire une nouvelle tentative, assure Reuters. En août, le directeur de la CIA a également fait un voyage éclair à Moscou pour mettre en garde la Russie contre la tentation de s’en prendre à des pays de l’Otan.