« Dans notre situation on n’a pas le temps de souffler » : au moment de lancer sa campagne européenne, comment le RCT prépare son déplacement à Édimbourg
Oubliez la première journée de Coupe d’Europe au milieu du mois de décembre ! Cette saison, l’EPCR vous permet de découvrir Édimbourg en plein cœur de l’été indien. Bon, n’imaginez cependant pas remplacer votre doudoune par des lunettes de soleil, puisque ça reste un voyage en Écosse et qu’au coup d’envoi, seulement 12 petits degrés sont attendus. Il n’empêche que cette parenthèse européenne, après un début de saison éreintant sur la rade (quatre défaites en six matchs, qui ont mené à la démission de Pierre Mignoni) semble intervenir comme une respiration pour les joueurs de Franck Azéma.
En revanche, malgré les efforts consentis pour relever la tête samedi dernier face au Racing 92, ne parlez surtout pas aux Toulonnais de moment bienvenu pour lever le pied. « Ce n’est pas une occasion de souffler, non. De toute façon, dans notre situation on n’a pas le temps de souffler », tranche Maxime Petitjean.
Bien au contraire, le RCT veut se servir de ce déplacement chez une équipe d’Édimbourg invaincue cette saison (trois victoires) pour « valider » ce qui a fonctionné face aux Franciliens.
"Ça doit nous permettre de continuer à progresser et de valider nos acquis"
« Même si ce n’est pas la même compétition, il est important pour nous de garder les standards affichés le week-end dernier. Ce serait une grosse désillusion de baisser sur certains secteurs. Donc ce n’est pas une coupure, bien au contraire. Ça doit nous permettre de continuer à progresser et de valider nos acquis. Tout le monde a une grosse envie, et on espère avoir de bonnes surprises. » Après un début de saison éprouvant, le RCT affiche donc un appétit féroce de s’offrir une épopée européenne. Quoi de mieux, dès lors, que de la lancer face à une équipe qu’il n’a jamais battue (trois défaites en autant de confrontations) de son histoire ?
Plusieurs joueurs à la relance
Alors, vous espériez que le RCT allait faire l’impasse, afin de découvrir des Espoirs et de voir des Crabos passer à la télévision pour la première fois de leur carrière ? Le staff ne vous donnera pas ce plaisir !
Car, même s’il a laissé au repos plusieurs cadres (Sinckler, Ribbans, Kpoku, Ollivon, Albornoz ou encore Fickou), Franck Azéma a malgré tout profité de ce déplacement pour donner du temps de jeu à des joueurs pas ou peu aperçus depuis le début de saison (Garcia, Frisch ou encore Sinzelle), pour relancer d’autres moins en verve qu’à leur habitude (Jaminet), mais également pour faire des tests (Mercer sur l’aile de la troisième ligne, Narogo qui fêtera sa première).
« C’est à eux de passer devant »
« On n’y va pas en victime, mais avec une super équipe et on verra ce qu’il va se passer, poursuit l’entraîneur du jeu au pied. On a pas mal de mecs frustrés d’avoir eu peu de temps de jeu jusque-là, c’est à eux de passer devant. On espère que ça va nous permettre de nous gratter encore plus la tête le week-end suivant. »
Si Toulon gagne à Édimbourg, cela signifiera que plusieurs joueurs seront parvenus à prouver qu’ils méritent un peu plus d’attention de la part du staff. Surtout, il garderait toutes ses chances de briller sur la scène européenne, s’offrirait deux nouvelles respirations (en décembre, puis janvier) avant d’espérer se lancer dans d’enivrantes phases finales au printemps.
S’il perd ? Au mieux, le RCT aura encore trois cartouches pour se qualifier. Au pire, après avoir déjà pris du retard en Top 14, il pourra faire une croix sur l’Europe, afin de se jeter des deux pieds dans son objectif hexagonal. Finalement, à Édimbourg, Toulon semble avoir si peu à perdre.