Datacenters: la course à l’IA augmente les vulnérabilités
La montée en puissance des datacenters dédiés à l’IA accroît les exigences en électricité, en refroidissement et en équipements spécialisés. Selon Allianz Commercial, cette densification des infrastructures s’accompagne aussi de risques techniques plus concentrés, allant des pannes aux incendies.

(Source: Kanibsut/AdobeStock
(Source: Kanibsut/AdobeStock
L’essor des infrastructures destinées à l’intelligence artificielle modifie le profil de risque des datacenters. Autrefois principalement considérés comme des actifs immobiliers spécialisés, ils évoluent vers des infrastructures critiques, constate Allianz Commercial dans un rapport consacré aux risques liés à leur construction et à leur exploitation.
Les investissements annuels dans les datacenters pourraient passer d’environ 500 milliards de dollars en 2024 à plus de 1’000 milliards dès 2027, selon les données citées dans le rapport. Une part croissante de ces dépenses concerne les GPU, les processeurs IA spécialisés, la mémoire à large bande passante, les réseaux avancés et le refroidissement liquide.
Cette expansion se heurte toutefois à des limites matérielles. Allianz Commercial relève notamment les contraintes d’accès à l’électricité et au réseau, ainsi que des tensions sur des équipements critiques comme les transformateurs, les appareillages électriques et les câbles haute tension. La disponibilité de main-d’œuvre qualifiée constitue également un frein à la construction de nouvelles capacités.
Des infrastructures plus vulnérables aux incidents
La densification des infrastructures accroît parallèlement les dépendances entre systèmes. Dans les grands datacenters, l’alimentation électrique, le refroidissement et la connectivité conditionnent directement le fonctionnement des équipements informatiques. L’augmentation de la densité de puissance et l’intégration croissante de batteries lithium-ion font également évoluer le risque incendie, notamment en raison du risque d’emballement thermique.
Les sinistres analysés par Allianz Commercial illustrent ces vulnérabilités. Sur environ 700 millions d’euros de pertes étudiées, les incendies représentent plus de la moitié de la valeur des sinistres. Les catastrophes naturelles arrivent en deuxième position en matière de gravité, devant les actes intentionnels, qui comprennent notamment la criminalité et les incidents cyber, puis les pannes électriques. Les dégâts des eaux sont en revanche la cause la plus fréquente, tandis que les interruptions d’activité constituent le principal facteur de gravité en termes d’indemnisations.
L’assureur cite aussi des dommages sur des systèmes de refroidissement externes, des incendies liés à des travaux et des perturbations électriques ayant chacun entraîné des pertes comprises entre 50 et 100 millions d’euros. Le climat constitue un risque supplémentaire: environ 79% des capacités mondiales de datacenters se situent dans des zones présentant une exposition accrue aux catastrophes naturelles et 54% sont exposées à des risques chroniques liés à la chaleur et à la sécheresse, susceptibles d’augmenter les besoins de refroidissement et la pression sur les ressources en eau.
Christian Kolbe, Global Head of Construction Claims chez Allianz Commercial, souligne enfin l’importance d’intégrer la résilience dès les premières étapes de planification et tout au long du cycle de vie des datacenters. Le rapport met notamment en avant la surveillance des composants, la détection des fuites, la détection précoce des incendies et des batteries, ainsi que les phases de test et de mise en service.
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