l'essentiel Deux dossiers liés aux stupéfiants ce vendredi 11 septembre devant le tribunal correctionnel de Toulouse, dans le cadre de l'audience de comparution immédiate. Petit trafic et grosse consommation personnelle mais peine de prison ferme pour les deux prévenus, pas forcément à l'aise. Mais pas franchement novice non plus. 

"Quotidien, banal, courant... Un vendeur de drogue, un ou deux comptes Telegram et en avant, cannabis, cocaïne... Les clients ne manquent jamais. Et il faut des vendeurs, ils se recrutent aussi facilement. Pas des voyous, non des gens insérés qui viennent chercher un billet !"

Face à la colère du procureur Christian Daudens, Alexandre aimerait disparaître de la barre du tribunal correctionnel de Toulouse. Mercredi, en plein après-midi, les policiers ont remarqué sa voiture cabossée sur un boulevard toulousain. Contrôle d'opportunité. "En effectuant le tour, ils ont vu sur le siège avant des sachets et un produit brunâtre. Derrière, d'autres sachets", détaille la présidente Gonca Muret. La vérification n'a pas été compliquée : résine de cannabis. Dans le véhicule fatigué de ce livreur, aussi de la cocaïne et de l'herbe de cannabis.

Pas payer "son conso"

Pas de grosses quantités, des petits sachets pour les acheteurs. "Et sur votre téléphone, des rendez-vous un peu partout dans Toulouse", constate le procureur. Consommateur de cocaïne, Alexandre a trouvé dans ces deals le moyen de financer sa propre consommation. "Vous avez déjà été condamné pour des infractions à la législation des stupéfiants", constate la présidente, un œil sur son casier. Le prévenu, 25 ans, baisse encore les yeux. Derrière lui, sa compagne, abattue, cache ses larmes. 

À lire aussi : Soupçonnée de trafic de drogue, à Toulouse, l'apprentie aide-soignante de 28 ans est placée en détention

Le procureur réclame douze mois de prison dont six avec sursis probatoire. Me Élisabeth Gomez trouve dans les aveux "immédiats" de son client des raisons d'espérer. "Après sa présentation au parquet, qu'a-t-il fait ? Il s'est précipité chez un médecin pour arrêter de consommer de la cocaïne. Il faut l'aider dans cette démarche". Il est condamné à douze mois de prison dont six avec sursis et la partie ferme à exécuter sous bracelet. "Vous devez également suivre des soins et travailler", détaille la présidente. Alexandre acquiesce. Sa compagne retrouve son sourire.

Il sort de prison et achète de la cocaïne

Ces sourires sont moins marqués avec les proches de Bouazi, barbe imposante et polo Lacoste clair. Il sort de presque deux mois de détention préventive à la maison d'arrêt de Seysses. "Vous avez été arrêté de nuit, à Toulouse. Les policiers ont découvert 110 g de cocaïne et ses pièces d'identité courant juillet. Il les avait abandonnées derrière un hôtel à la vue des uniformes."

À lire aussi : Narcotrafic à Toulouse : quatorze et onze ans de réclusion criminelle pour les "patrons" des Izards, plus 150 000 euros d'amendes

"2 000 euros investis dans la cocaïne et vous sortez de prison", s'inquiète la présidente. "Vous vendez ?" Le prévenu remue la tête, négativement. "Pour ma consommation personnelle". Le procureur doute mais n'a pas de preuve, "excepté deux téléphones, un pour vous, un pour le business", tente le magistrat. Il requiert douze mois de prison plus six de sursis d'une peine de 2025.

Me Pierre Le Bonjour évite les pièges d'un dossier "sans éléments, ni vrai soupçon. Un dossier pénal ne se construit pas sur des suppositions", rappelle-t-il au tribunal. Son client écope de six mois de prison, plus six mois révoqués de sa dernière condamnation, en août 2025. Il repart à Seysses, ses proches, déçus, vers le Gers.