De la lresse à l'intime : Les archives secrètes d'un Grand Reporter pour aborder la question délicate des héritages à Charleroi Métropole
Que reste-t-il d'une vie quand celui qui l'a vécue n'est plus là ? Des images, des objets, des sons, des traces parfois dérisoires mais chargées de force. Huit ans après la disparition de son père le photographe Hervé Desvaux, sa fille Caroline ouvre patiemment les cartons, trie et classe des milliers de photos. Ce sont les premiers jalons de l'exposition "Tout doit disparaître (?)" qui investira à la rentrée le centre d'action laïque de Charleroi pour une durée d'un mois.
Dans un geste artistique entre mémoire familiale, héritage culturel et quête d'émancipation, l'exposition interroge ce que nous choisissons de garder, de transformer et de transmettre. Présentée dans le cadre de la programmation 2026 du CAL Charleroi "Nos héritages, nos choix", elle invite à réfléchir à la manière dont nous nous approprions les récits, les valeurs et les souvenirs qui nous sont légués.
Quatre espaces
Le parcours s'articule autour de quatre espaces, qui représentent chacun une pièce d'une maison. Une cinquantaine de clichés s'offrent à voir. Et soudain derrière une image ou un objet, une époque ou une figure marquante de notre histoire contemporaine récente ressurgit (mai 1968, Johnny, Ferré, baskets, cassettes et vinyles, front national au second tour de la présidentielle, manif contre le nucléaire, le combat de Badinter contre la peine de mort, le film Les Nuits Fauves…). Tout doit disparaître ( ?) revisite de nombreuses références culturelles de la deuxième moitié du XXe siècle.

Le salon salle à manger replonge dans la jeunesse et les années de reporter d'Hervé Desvaux à Paris. La chambre à coucher bascule vers l'intime : enfance normande, paysages fondateurs et questionnements spirituels. Puis vient la chambre noire, lieu du travail solitaire sur l'image et métaphore du temps qui efface. Enfin, la salle d'exposition marque le passage de l'héritage personnel à une proposition artistique.
Car c'est là que se joue l'essentiel. Que choisit-on de conserver ? Que décidons-nous de laisser derrière nous pour construire notre identité ? C'est à Charleroi qu'après la mort de son père, Caroline Desvaux qui vivait en région parisienne a choisi de se poser. Elle a trouvé un territoire de transformation, entre effondrement et réparation.
L'expo "Tout doit disparaître (?)" sera accessible du 26 septembre au 24 octobre. Possibilité de visites guidées de groupes (notamment pour les écoles). Infos : 071/53.91.72 ou [email protected]
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