De Gennaro Gattuso à Fabio Cannavaro en passant par Daniele De Rossi, les maudits de la « génération Lippi »
Difficile de mieux symboliser les difficultés de toute une génération. Pièce importante de l'Italie lors de son sacre mondial en 2006, Andrea Pirlo pensait pouvoir renouer avec une Nazionale qui lui est chère, étant le candidat préféré du ticket Paolo Maldini-Leonardo, nommé en juillet pour diriger la reconstruction d'une sélection à la dérive. Sauf que tout a capoté ce lundi, le président de la Fédération italienne (FIGC) Giovanni Malago décidant d'écarter sa candidature à cause de ses liens avec la Russie.
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Ce camouflet l'empêche de relancer une carrière d'entraîneur à la dérive. Depuis qu'il n'est plus joueur, Pirlo a connu des échecs relatifs à la Juventus Turin, au Fatih Karagümrük et la Sampdoria avant une expérience à nouveau mitigée au United FC, en Deuxième Division des Émirats arabes unis, où il est toujours sous contrat. Ce parcours cabossé reflète les difficultés également perceptibles chez ses compères champions du monde en 2006 avec la Nazionale où ils sont pourtant nombreux à être devenus entraîneurs (16 des 23 joueurs appelés par Marcello Lippi pour le Mondial allemand sont ou ont été sur un banc).
L'échec Gattuso, de l'espoir en Serie A
Avant la vraie-fausse arrivée de Pirlo, la Nazionale avait été dirigée par un autre champion du monde, Gennaro Gattuso. Nommé en juin 2025, il avait pour mission de qualifier l'Italie pour la Coupe du monde 2026 mais a échoué, laissant l'Italie à quai pour la troisième édition de suite après une débâcle en Bosnie-Herzégovine. Premier entraîneur de cette génération à accéder à un poste aussi prestigieux, « Rino » - devenu entraîneur en 2013 - n'a finalement pas fait mieux que lors de ses expériences précédentes (AC Milan, Naples, Valence, OM). Cela ne l'a toutefois pas empêché de retrouver un banc en Serie A, lui est désormais en poste à la Lazio Rome.

Gennaro Gattuso a entraîné l'OM au cours de la saison 2023-2024. (G. Le Goff/L'Équipe)
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Lors de la saison 2026-2027, Gattuso croisera les deux champions du monde ayant montré le plus de choses depuis le début de leur carrière d'entraîneur. Brièvement passé par l'OL (76 jours), Fabio Grosso sort d'une belle saison avec Sassuolo, qu'il avait fait remonter en Serie A juste avant. Nommé à la Fiorentina, il devra confirmer sur un banc plus exposé. Daniele De Rossi devra lui aussi confirmer après une saison réussie dans le jeu au Genoa, mais moins impressionnante comptablement (16e). Cette expérience a tout de même lancé sa carrière, lui qui avait connu quelques balbutiements avec la SPAL puis l'AS Rome.
Antichambre et Coupe du monde
Filippo Inzaghi aurait pu grossir le contingent de champions du monde 2006 en Serie A après être parvenu à faire remonter Pise en 2025. Mais l'ancien buteur a préféré rester en Serie B en prenant la tête de Palerme, membre du City Football Group au projet ambitieux qui s'est arrêté en play-offs de promotion la saison dernière. Dans l'antichambre de l'élite italienne, il côtoiera Alessandro Nesta, récemment nommé à Avellino. Il devra y relancer sa carrière, lui qui a passé un an loin des bancs après une expérience décevante avec Monza en Serie A.

Filippo Inzaghi avec Palerme. (Pasquale Ponente//IPP/Presse Sports)
Très loin de la Botte, Fabio Cannavaro a, lui, choisi de partir loin pour trouver une forte exposition. Après un passage express au Dinamo Zagreb, des expériences peu convaincantes en Chine et de très courts passages à Benevento (17 matches) et à l'Udinese (6 matches), le capitaine de la génération 2006 s'est installé sur le banc de l'Ouzbékistan, avec qui il a participé à la Coupe du monde 2026. Sa sélection n'a, toutefois, pas pris le moindre point en phase de poules.
Des héros en quête (ou non) d'un banc
Entraîneur de Pise la saison dernière, Alberto Gilardino n'a tenu que jusqu'en février, étant « esonerato » pour tenter de sauver le club - en vain. Il est aujourd'hui sans poste, même si son nom a été lié à différents bancs cet été (Torino, Hellas Vérone, Monza) et qu'il ne semble pas impossible qu'il joue les pompiers en Serie A en cours de saison.
Eux, en revanche, semblent avoir tiré un trait sur leur carrière d'entraîneur. Impliqué dans le fameux coup de boule de Zinédine Zidane, Marco Materazzi a, lui aussi, entraîné en Inde, mais s'est depuis quelques années reconverti en tant qu'entrepreneur dans le secteur viticole. Également en retrait des terrains, Angelo Peruzzi a connu une brève carrière en politique après avoir été notamment adjoint à la Sampdoria en 2012. Le constat semblait être le même pour Gianluca Zambrotta, passé sur des bancs en Suisse, en Inde et en Chine avant de devenir analyste pour la télévision italienne puis entrepreneur dans le monde du padel. Mais l'ancien latéral a accepté un poste au sein de la FIGC en juin 2025, après sept ans loin des bancs.
Une partie dans des rôles mineurs
Parmi les autres champions du monde 2006, Massimo Oddo est celui qui a le plus d'expérience. Il a entraîné Pescara, l'Udinese, Crotone, Pérouse, Padoue, la SPAL et « Milan Futuro », l'équivalent de la réserve de l'AC Milan, dont il était l'entraîneur jusqu'à cet été. Il était alors en Serie D où il a pu croiser Marco Amelia, troisième gardien en 2006, alors sur le banc de Sondrio après plusieurs expériences dans les divisions inférieures italiennes mais lui aussi débarqué cet été.
La palme du joueur ayant vécu les expériences les plus singulières revient à Mauro Camoranesi. L'Italo-Argentin - adjoint d'Igor Tudor à l'OM en 2022 - a entraîné au Mexique, en Argentine, en Slovénie, à Malte et à Chypre, où il est aujourd'hui sur le banc de l'AEK Larnaca. Simone Barone a, lui, été adjoint à Cagliari puis à la Cremonese, tandis qu'Andrea Barzagli fait partie du staff de l'Italie U21 après avoir occupé des fonctions similaires dans des catégories plus bassses entre 2021 et 2023.
Ils n'ont jamais entraîné
Ils ne sont que sept à n'avoir jamais été sur un banc, mais presque tous gravitent autour du football. Gianluigi Buffon a occupé un rôle à la Fédération italienne et a passé son diplôme de directeur sportif. Alessandro Del Piero et Luca Toni ont passé leur diplôme d'entraîneur, mais se sont - pour l'instant - cantonnés au rôle d'analyste TV. Cristian Zaccardo est agent de joueurs, Francesco Totti a des sociétés de conseil pour les clubs et Simone Perrotta travaille dans les politiques sportives. Vincenzo Iaquinta est, lui, loin du foot après avoir été condamné à deux ans de prison après une enquête sur la mafia en 2020.