Un produit anesthésique est-il à l’origine du décès brutal d’une jeune femme, ce lundi 27 juillet 2026, dans un centre d’esthétique à Nice-Ouest ? Tel est, de sources concordantes, le scénario privilégié à ce stade de l’enquête, dans cette affaire qui soulève nombre de questions autour de certaines pratiques.

Le drame est survenu vers 15 h 30 dans un établissement situé au 82 rue Auguste-Pégurier. Une femme âgée de 25 ans, venue pour recevoir un soin, a été prise en charge par les sapeurs-pompiers et le Samu 06. Les efforts des secouristes n’ont pas permis de la sauver.

Selon nos informations, l’enquête s’oriente vers une injection pratiquée au niveau des fesses de la jeune femme. Plus précisément, une injection de Lidocaïne. Ce produit anesthésique local vise à engourdir une partie du corps afin d’atténuer la douleur. Il peut notamment être utilisé lors d’injections de botox ou d’acide hyaluronique.

Réaction allergique violente

Problème : la Lidocaïne peut dans certains cas, lorsqu’elle est mal administrée ou dosée, altérer le rythme cardiaque et provoquer une réaction allergique. Tel est le scénario privilégié ici. L’injection aurait provoqué une réaction très violente, aux conséquences létales.

Une autopsie sera pratiquée dans les jours à venir, pour identifier les susbstances injectées et identifier les causes du décès. Sans attendre, le service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice cherche à en préciser les circonstances. Elle suspecte des injections réalisées hors du cadre légal.

C’est dans ce cadre que trois personnes ont été placées en garde à vue à la caserne Auvare. Il s’agit d’une femme âgée de 36 ans, une autre âgée de 28 ans, et un homme qui aurait été présent au moment des faits. Tous trois sont attendus par la justice ce mercredi après-midi.

Investigations menées sur plusieurs années

De source proche de l’enquête, le parquet de Nice devrait ordonner l’ouverture d’une information judiciaire. Le champ d’investigation s’annonce large.

Selon le procureur de la République Damien Martinelli, l’enquête préliminaire vise des faits « d’exercice illégal de la médecine, homicide involontaire et administration de substances nuisible ». D’autres infractions pourraient être mises au jour, et remonter bien au-deçà de ces faits tragiques. Les investigations remonteraient jusqu’en 2022.

Si la majorité des échantillons restent conformes, l’agence du médicament (ANSM) tire la sonnette d’alarme sur les risques de complications.

Ce mercredi matin, la devanture du centre d’esthétique reste masquée par le volet métallique, sur lequel un scellé judiciaire indique « Homicide involontaire ». Dans l’entrée voisine, les habitants vont et viennent, plus ou moins informés du drame survenu en bas de leur immeuble.

« Il n’y avait rien de douteux »

« J’ai appris que la police était venue, et ce qui s’était passé. Je suis désolée », souffle une femme intervenant dans l’immeuble. Elle connaît de vue la gérante du centre d’esthétique. « Une dame jeune, belle et très gentille, vraiment très gentille... »

Sous couvert d’anonymat, une riveraine décrit « une personne charmante, très gentille, avenante et serviable ». Selon elle, le salon semblait souvent fermé - « elle devait consulter sur rendez-vous ». Le local lui-même paraissait « très clean. Il n’y avait rien de douteux, pas même chez les gens qui y venaient ».

À sa connaissance, des clientes y venaient notamment pour un soin des ongles. L’établissement propose également des prestations de coiffure, d’extension ou de réhaussement de cils. A-t-il hébergé d’autres pratiques illicites, par le biais d’un intervenant extérieur non habilité pour un acte relevant de la médecine ?

La question est au coeur de l’enquête, qui rappelle un autre drame. Le 20 mars dernier, à Villeurbanne (Rhône), une femme âgée de 38 ans avait succombé à une injection d’acide hyaluronique lors d’une intervention esthétique clandestine.